Poème Tragique Histoire Narcisse Minzan

Poème Tragique Histoire — Quand la pureté s’efface, de Narcisse Minzan (Utilité de la vie)

Introduction

Il est des vers qui ne se contentent pas de décrire, mais qui ouvrent des fenêtres sur des vérités humaines profondes. Certaines histoires frappent par leur sincérité, d’autres par leur douleur.
Dans son recueil récemment publié, Utilité de la vie,, Narcisse Minzan explore avec sensibilité les multiples facettes de l’existence et brosse des tableaux de vie qui nous interpellent et nous bouleversent.
Le poème que je vous présente aujourd’hui, « Tragique Histoire », raconte le destin d’une jeune fille, d’abord éclatante de pureté et de valeurs, qui, peu à peu, se laisse emporter par le tourbillon du luxe, de la mode et des illusions de notre époque.
C’est un poème qui nous rappelle que l’éclat extérieur peut parfois masquer la perte de ce qui est essentiel.
C’est une fresque intime et universelle à la fois, où chaque mot semble trouver sa place comme une pierre précieuse dans un bijou.

Le Poème

À l'aube de sa raison,
Elle était très sociable,
Plus héroïque que le fromager,
Pleine de force comme le lion,
De rigueur, de compassion comme Dieu,
D'amour pur, de passion et de patience,
D'ambition et de détermination.
À l'aue de sa raison,
Plus intelligente que la chouette,
Aussi sage que la colombe,
Infiniment prudente comme le serpent,
Et plus pure et blanche que la neige.
À l'aube de sa raison,
Elle était la déesse de son père,
La joie de sa mère,
Héroïne de son entourage,
Paragon de ses compagnes.
À l'aube de sa raison,
Elle marchait avec assurance,
Une grande douceur sur son vierge visage,
Une bonhomie s'exprimant sur ses lèvres,
La modestie, sa compagne idyllique.
À l'aube de sa raison,
La décence était son habillement,
Elle marchait avec légerté aiguë,
Elle se complaisait dans la bienveillance,
Elle réfutait la vanité à tout niveau et à tout point de vue.
Elle était soumise, même en présence d'un sot.
Elle était une fille !
À l'aube de sa raison,
Elle était couronnée de grâce et de modestie, de volupté.
Soumission et obéissance la faisaient luire,
Même dans la nuit noire.
Elle était la bonté pure,
Et l'absence du bien faisait exeption dans son vocabulaire.
Elle était une princesse reine !
Au printemps de sa jeunesse,
Elle était gagnée par le monde.
Chaque minute de son souffle
Représentait un habillement luxueux.
La vanité de sa beauté faisiait son irruption,
L'exigence, sa conduite de vie.
Au printemps de sa jeunesse,
Elle était sous le règne de la mode,
De la publicité,
De la société de consommation,
De la luxure, des plaisirs sans vergogne.
L'insolence, sa Bible,
Brevet en insolence.
Au printemps de sa jeunesse,
Elle était sous le charme de la flatterie,
Une âme sans pudeur,
Amoureuse de sa propre beauté.
Elle ne se fiait qu'à ses propres louanges.
Sa langue n'était point guidée :
La princesse du diable.
Au printemps de sa jeunesse,
La ronde des jours était éternelle à ses yeux.
La futilité remplissait son visage.
Experte en infidélité,
Spécialiste en panique.
À l'automne de sa vie,
Le monde lui semble tomber sur la tête.
Elle est alliée de tous les maux de la vie.
À l'automne de sa vie,
Elle devient chagrineuse,
Flasque, sans pudeur, fanée, Expirante.
Beaucoup de regrets et de remords.
Elle meurt sans avoir vécu.

Ce texte est un extrait de Utilité de la vie, premier recueil de Narcisse Minzan.
Par ses mots, l’auteur interroge le passage du temps, l’attrait du monde moderne et la fragilité de nos valeurs.
Si ce poème vous a touché, partagez-le autour de vous : il se pourrait qu’il aide d’autres à réfléchir à leur propre chemin.