Conte d’Afrique : Le dévouement de Yamadou Hâvé

Conte d’Afrique : Le dévouement de Yamadou Hâvé

Ici, Afrique Réveil vous propose un Conte d’Afrique sur deux grandes ethnies, les Peuhls et les Malinkés.

Il y a très longtemps de cela, des Peuhls de la famille d’un chef célèbre nommé Diâdié fondèrent un village qu’ils appelèrent Bambéro, du nom d’une montagne voisine.

Le village prit peu à peu de l’importance et ne tarda pas à compter 333 flèches ou guerriers.

Les Tomaranké (de la région de Médine) virent d’un mauvais œil la prospérité rapide de ces nouveaux venus et, poussés par la jalousie et la cupidité, leur déclarèrent la guerre.

Les Peuhls étaient bien peu nombreux encore pour résister à tant d’ennemis mais, malgré cela, ils se résolurent à la résistance la plus acharnée.

La proposition du marabout

Un marabout, du nom de Malick Sy, qui voyageait dans la région, vint alors à Bambéro.

Il proposa aux Peuhls de leur préparer un grigri qui leur assurerait la victoire malgré leur grande infériorité numérique :

  • Mais, ajout a-t-il, il vous faudra souscrire à la condition que je vais vous poser…
  • Parle ! dirent les Peuhls.
  • Voici ma condition : vous fixerez ce grigri à la pointe d’une flèche. Au début du combat, l’un de vous, un membre de la famille de Diâdié, un de vos concitoyens que vous aimez le plus, décochera la flèche au milieu des ennemis. Il sera tué dans le combat mais, à ce prix, je vous garantis la victoire.

Chacun alors s’offrit pour ce mortel honneur, mais Malick Sy resta muet jusqu’à ce qu’un jeune homme du nom de Yamadou Hâvé se fût proposé.

Alors le marabout déclara :

  • Celui-ci est l’homme que j’attendais !
  • Voilà qui est bien, dit Yamadou aux Peuhls, mais puisque je m’offre pour votre salut, je vous demande de consentir à votre tour à mes demandes !

Il y avait là quatre tribus peuhles : les Diallo, les Diakhité, les Sidibé, les Sankaré. Toutes donnèrent leur consentement.

— Le marabout, reprit Yamadou, a dit que, par la vertu du talisman, je mourrai demain pour le salut de ma race. Je suis prêt mais j’ai trois enfants : deux garçons et une fille ; le premier est Ségo Dohi, le deuxième Mamadou Dohi et la troisième Sané Dohi. Chers Peuhls, je vous les confie, eux et leurs enfants ! Je demande que leurs descendants commandent aux Peuhls du Khasso. Je désire qu’ils puissent épouser les femmes de votre race.

Les Peuhls, à l’unanimité, déclarèrent qu’il en serait selon son désir. C’est à la mare de Tombi-Fara que se produisit le choc entre les Malinké et les Peuhls.

Le combat des Peuhls

Le combat à peine commencé, Yamadou Hâvé se précipita, flèche en main, au milieu des ennemis pour les frapper à mort.

Il se battit vaillamment et ne tomba qu’au moment où les Malinké prirent la fuite. Et la prédiction du marabout fut entièrement réalisée.

Les Peuhls remportèrent la victoire tandis que leurs adversaires, ayant perdu leur roi, furent en grande partie anéantis.

La paix fut ainsi assurée pour de longues années et les Peuhls s’acquittèrent de leur dette envers les enfants du héros.

Ils les élevèrent avec considération. Ils firent de Ségo Dohi leur roi dès sa majorité et maintinrent le pouvoir suprême à ses descendants.

Source: carnet-de-contes.jimdofree.com

La Rédaction

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