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La Mulâtresse Solitude de Guadeloupe – Symbole de la résistance féminine à l’esclavage

La Mulâtresse Solitude, une histoire peu connue. Le peu que l’on en sait provient de quelques lignes de l’ouvrage Histoire de la Guadeloupe, rédigé par Auguste Lacour au milieu du 19e siècle.

Qui est la Mulâtresse Solitude ?

Son histoire se passe en Guadeloupe, archipel de la mer des Caraïbes, colonisé en 1635 par les Français.

Après avoir combattu les Caraïbes, peuple autochtone de l’île, les Français établirent une société esclavagiste.

traite transatlantique

La traite transatlantique leur permit d’exploiter des Africains réduits en esclavage et leurs descendants pour développer une économie basée sur les cultures de la canne à sucre, du café et du coton.

Née vers 1772, Solitude est une mulâtresse, fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles.

En effet, un mulâtre est un enfant né d’un parent blanc et d’un parent noir ou de deux parents métissés: (Dans ce dernier cas, on le désigne alors sous le terme de «  chabin »).

En fait, ce terme date de l’époque des empires coloniaux, il descend du mot portugais mulato qui signifie mulet/mule ou haras qui signifie chevaux non domestiqués. Alors, il est considéré comme un signe d’infériorité.

Et par la suite, Solitude fut séparée de sa mère lorsque le maître remarqua que cette dernière avait la peau et les yeux clairs.

Il décida alors d’en faire une domestique, une catégorie supérieure dans la hiérarchie des esclaves.

Dès lors, sa mère ne pouvait plus l’approcher. Et alors, avec un groupe d’esclaves, elle s’échappa dans la montagne pour y fonder un camp de Marrons, nom donné aux esclaves fugitifs.

Et ainsi, Solitude fut affectée comme compagne de jeu des filles du maître. Mais, cependant, traumatisée d’avoir été si brutalement séparée de sa mère, elle parlait peu et restait souvent dans le silence.

C’est alors qu’un an plus tard, en 1789, la Révolution française éclate.

Le temps de la révolte

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que :

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Le 28 mars 1792, les libres de couleur obtiennent l’égalité avec les Blancs, grâce à l’action de leurs représentants à Paris.

De plus, à Paris, la Société des Amis des Noirs est créée le 19 février 1788.

Elle réclame l’arrêt immédiat de la traite des esclaves et l’abolition graduelle de l’esclavage.

Profitant des divisions entre leurs maîtres, des luttes entre Blancs et libres de couleur, les esclaves de Saint-Domingue, une autre île des Caraïbes, se révoltent le 22 août 1791.

esclaves de Saint-Domingue
Esclaves de Saint-Domingue

En quelques semaines, ils détruisent 1400 plantations et tuent 1000 maîtres.

Et le 21 juin 1793, ils donnent la liberté également aux familles des esclaves qui combattent pour la République.

Alors, le 29 août 1793, l’esclavage est aboli à Saint-Domingue.

Et en 1793, les Britanniques et les Espagnols sont en guerre contre les révolutionnaires français.

Ces derniers recrutent dans leur armée de nombreux esclaves auxquels ils donnent la liberté.

Le 4 février 1794, la France étend l’abolition de l’esclavage à toutes les autres colonies.

L’abolition de l’esclavage

En effet, le commissaire Victor Hugues, envoyé de Paris, débarque en Guadeloupe avec ses troupes le 4 juin. Et il proclame l’abolition de l’esclavage le 7 juin 1794.

La mulâtresse Solitude et l'abolition de l'esclavage

La nouvelle se propage comme une traînée de poudre. Des centaines d’esclaves abandonnent les plantations et filent vers Pointe-à-Pitre.

Et plus de 2 000 Noirs et métissés sont enrôlés en qualité de « volontaires nationaux soldés » au sein des bataillons des sans-culottes.

Mais, à la surprise de tous, Victor Hugues impose un régime de terreur.

Il remplace l’ancienne servitude par une discipline militaire rigoureuse et ordonne aux esclaves affranchis de rester sur les habitations et de travailler pour leurs anciens maîtres.

Solitude décide alors de fuir et de rejoindre un camp de Marrons établi dans la forêt

Et, malgré sa couleur, elle réussit à s’intégrer à cette communauté qui est située à Goyave et dirigée par le Moudongue Sanga.

L’implication de Napoléon Bonaparte

En octobre 1801, Lacrosse, chargé par Napoléon Bonaparte de gouverner la Guadeloupe, veut déporter certains officiers de couleur.

Mais ceux-ci se révoltent, et expulsent Lacrosse de la Guadeloupe.

Et alors, la Guadeloupe est dirigée par un gouvernement provisoire dont le chef est Magloire Pélage :

Chef de brigade natif de la Martinique, enfant d’un mulâtre et d’une noire. “

Pélage jure fidélité à la France de Bonaparte.

Malgré cela, Bonaparte envoie le général Richepance.

A la tête de 3 500 hommes, celui-ci a reçu pour mission :

  • De rétablir Lacrosse dans sa fonction de capitaine-général,
  • Désarmer tous les soldats de couleur,
  • Déporter les officiers rebelles
  • Et de rétablir la discipline chez les anciens esclaves.

Dès son arrivée, Richepance ordonne la relève des troupes et demande aux soldats de Guadeloupe d’embarquer sur les navires en leur promettant de combattre ailleurs.

Mais, tandis que certains sont menés calmement aux navires, d’autres sont humiliés et molestés par les partisans de Lacrosse.

Un vent de révolte secoue les officiers et soldats de couleur encore à terre.

Profitant de la confusion générale, une centaine d’entre eux disparaît dans le crépuscule.

La mulâtresse solitude et la révolte des esclaves

Dès lors, une rébellion orchestrée par le chef de bataillon (commandant) Joseph Ignace et les capitaines Palerme et Massoteau s’organise.

Les rescapés courent toute la nuit pour rejoindre la garnison militaire de Basse Terre, chef-lieu de l’île.

L’un d’eux informe son chef, compagnon de lutte de Joseph Ignace et du capitaine Palerme, Louis Delgrès, natif de Saint-Pierre en Martinique, chef de bataillon et commandant l’arrondissement de Basse-Terre.

Le 10 mai 1802, Delgrès lance un appel à la résistance et fait publier une proclamation intitulée:

« A l’Univers entier, le dernier cri de l’innocence et du désespoir ».

La mulâtresse Solitude et la révolte de Guadeloupe

Solitude, alors enceinte de quelques mois, est dans la région de Dolé, où se trouve une partie des insurgés, commandés par Palerme.

Lorsque, par la loi du 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies, Solitude se rallie à l’appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté.

Lors des combats, les femmes se montrent d’un courage et d’une combativité exemplaires. Elles assurent la liaison entre les troupes et les galvanisent, défiant l’ennemi.

Capture de la mulâtresse Solitude

Survivante de la bataille du 28 mai 1802, elle est capturée et condamnée à mort, emprisonnée, entre mai et décembre 1802, jusqu’à son accouchement.

Elle est exécutée par pendaison le 29 novembre 1802, le lendemain de son accouchement.

Figure féminine des insurgés de 1802 en Guadeloupe, la Mulâtresse Solitude incarne les femmes et les mères des Caraïbes qui se sont battues en faveur de la défense des idées de liberté et d’égalité dans le contexte du système esclavagiste.

Voir La Bande dessiné

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