Grandy Nanny

Grandy Nanny, figures emblématiques de la résistance contre l’esclavage en Jamaïque

Nanny des « Nègres Marrons«  est une des plus grandes figures emblématiques de la résistance à l’esclavage en Jamaïque au XVIIIe siècle.

Mais qui sont donc les « Nègres Marrons » ?

Les marrons étaient des esclaves qui avaient fui de leurs plantations pour former leurs propres communautés dans les régions montagneuses de l’île.

Nanny - Nègres Marrons

Ils étaient d’excellents combattants et, très difficile à battre pour les colons.

Sous la gouvernance espagnole, jusqu’en 1650, les esclaves se sont échappés et se sont mariés avec les habitants natifs de l’île, les Arawaks, dans leurs communautés.

Plus tard, quand les Anglais ont pris le contrôle de la colonie, la plupart des esclaves étaient capables de fuir les plantations pour rejoindre les deux principaux groupes de marrons en Jamaïque :

  • Les Windward
  • Et Les Leeward, menés respectivement par les chefs Nanny et Capitaine Cudjoe.

Les marrons étaient des personnes qui venaient essentiellement de la région Akan de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, la tribu Ashanti, d’où vient aussi Nanny, vivait dans la région.

Pourtant, les esclaves provenant d’autres régions de l’ouest africain ont rejoint les marrons dans leurs fuites. Pendant plus de 150 ans, les marrons ont aidé à libérer les esclaves des plantations en endommageant les terres et les propriétés appartenant aux propriétaires des plantations.

Origine de la Grande Combattante Nanny

Nanny est née aux environs de 1686 au Ghana. Elle venait de la tribu d’Ashanti, l’une des plus puissante d’Afrique de l’Ouest, et fut emmenée sur l’île de la Jamaïque en tant qu’esclave alors qu’elle n’est encore qu’une enfant.

Grandy Nanny

Plusieurs membres de sa famille faisaient parti du voyage et tous furent vendus sur l’ île et dispersés à travers les différentes les régions.

Nanny aurait été vendue à Saint Thomas Parish, une région située aux abords de Port Royal où les esclaves travaillaient jour et nuit, dans des conditions inhumaines, sur les plantations de canne à sucre.

Ses trois frères et elle avaient été placés chez un même maître. Mais pour AccompongCudjoeJohnny et Quao, obéir aux maîtres et fournir un aussi dur labeur pour le restant de leur vie étaient absolument inconcevable.

La Cavale de Nanny

Ils décidèrent de partir en marronnage et fuirent de leur plantation en prenant le soin d’emporter leur sœur Nanny.

Ils allèrent ainsi se cachés dans les Blue Mountains au nord de la commune de Saint Thomas.

Durant leur cavale, les frères pensèrent à se disperser pour mieux organiser leur communautés de marrons.

Ainsi:

  • Cudjoe s’installa dans la région de Saint-James Parish où il créera un village qui portera le nom de Cudjoe Town.
  • Accompong prendra la région de Saint-Elizabeth Parish et créera Accompong Town.
  • Tandis que Nanny et Quao formeront leur communauté à Portland Parish.

Nanny y rencontrera son futur époux, Adou, mais ils n’auront pas d’enfants.

Nanny et ses frères devinrent rapidement les héros du peuple. Avec un courage inouï et une fantastique organisation, ils libéreront des centaines d’esclaves.

Vers 1720, Nanny et Quao parvinrent à contrôler la région des Blue Mountains et lui donnèrent le nom de Nanny Town, un territoire de 500 acres (2.4 km²) où elles installera les esclaves qu’elle aura réussi à libérer.

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Une Organisation militaire de grande classe

Nanny Town occupait une position stratégique car sa situation permettait de repérer les ennemis à une haute altitude. Ce qui rendait toute embuscade britannique impossible.

En effet, la ville était située sur une crête où, à 900-pieds, se trouvait un précipice. Et le long du précipice, il y avait une voie étroite qui menait à la ville.

Et c’est là que Nanny avaient installés ses gardes à des points stratégiques.

Afin d’avertir ses guerriers guetteurs de tout danger imminent, elle faisait sonner sa fameuse corne appelée abeng.

Les marrons de Nanny, extraordinairement bien entraînés, parvenaient à combattre les soldats Anglais à des endroits où ces derniers ne pourraient techniquement pas faire le poids.

Par exemple, dans les montagnes lors des grandes pluies.

La Résistance de Nanny

Nanny ordonnaient à ses guerriers de s’habiller de façon à ressembler aux arbres et aux buissons.

Soldat de Nanny

Ensuite, elle envoyait quelques hommes pour se montrer volontairement aux soldats britanniques.

En fait, ces derniers servaient d’appât, et une fois repérés, courraient en direction des Marrons camouflés.

Les soldats britanniques qui les avaient suivi étaient ainsi pris d’assaut par les marrons qui les tuaient.

En plus de cela, le climat et l’environnement n’aidant pas les Anglais. En effet, beaucoup parmi leurs soldats, ayant suivis les marrons dans les montagnes, sont morts de maladie.

Stratège militaire hors pair, Nanny avait aussi le sens des affaires.

Elle avait organisé un commerce basé sur du troc de nourriture, d’armes et de vêtements, qui permettait de faire vivre sa communauté.

Les marrons de Nanny Town vivaient aussi d’élevage de bétail et d’agriculture. En effet, Nanny avait textuellement imité le mode de vie des villages africains Ashanti.

En cela, le climat de l’île  de la Jamaïque le permettait d’ailleurs très bien. Et puis, elle demandait à ses marrons de récupérer les biens des maîtres esclavagistes lorsqu’ils allaient libérer d’autres esclaves avant de saccager complètement leur terre.

En trente ans, Nanny avait réussi à faire fuir plus de 800 esclaves!

Nanny, un mystère continu pour les colons

On attribuait à Nanny des pouvoirs occultes car elle pratiquait la religion Obeah.

Religion que l’on retrouve d’ailleurs encore aujourd »hui :

  • Au Suriname,
  • En Jamaïque,
  • A Trinidad et Tobago,
  • En Guyanne,
  • Aux Barbades ou autres pays des Caraïbes.

La religion Obeah est un mélange de mysticisme et de magie blanche et noire.

L’histoire raconte par exemple qu’elle s’était moquée de certains soldats britanniques en leur demandant d’utiliser leur armes à feu sur elle.

A leur grand étonnement, les balles avaient simplement glissé sur les vêtements de Nanny, rendant encore plus mystérieuse cette femme qui leur menait la vie dure depuis des années et qu’ils ne parvenaient pas à capturer.

Nanny aimait rappeler qu’elle avait hérité ses pouvoirs magiques et ses connaissances en stratégie du combat d’Afrique, du Royaume d’Ashanti d’où elle était originaire.

Elle possédait également un grand savoir-faire dans le domaines des herbes curatives et des traitements traditionnels, et n’hésitait pas à en faire profiter toute la communauté.

Elle était en même temps guérisseuse et médecin. Pour toutes ces raisons, sa communauté lui vouait une grande estime et l’affectionnait particulièrement.

Tous, étaient les enfants de Nanny.

Dans le Journal of the Assembly of Jamaica du 29 et 30 Mars 1733, un esclave noir qui aurait combattu dans la première guerre contre les marrons, le Capitaine Sambo, aussi connu sous le nom de William Cuffee, était cité dans la rubrique de « l’esclave loyal » en ces termes : car ce très bon Nègre a tué Nanny, la femme rebelle Obeah

En effet, entre 1728 et 1734, Nanny Town et d’autres communautés des marrons furent sévèrement attaquées par les forces britanniques, c’est à ce moment là, en 1733, qu’elle sera tuée.

Que retenir de cette résistante africaine?

Prenons simplement la définition du terme anglais que les marrons jamaïcains avaient choisi pour appeler affectueusement cette femme extraordinaire.

Dans la langue anglaise, « Nanny » est utilisé pour désigner toute personne qui prend soin d’un enfant en l’absence de ses parents.

Cette définition devrait suffire à nous permettre de retenir le plus important concernant ce personnage historique, qui, certainement, aura marqué la mémoire collective de la Nation Nègre.

A coup sûr, elle était celle qu’on peut aisément et pertinemment appeler une Reine et une Héroïne d’Afrique.

Voir par exemple l’histoire de : Anne Zingha, Puissante reine du Ndongo et du Matamba