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Haïlé Sélassié Ier, Puissance de la Trinité – Dernier Empereur d’Éthiopie

Hailé Sélassié 1er ou Tafari Makonnen (ge’ez : ተፈሪ መኮንን), né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, une ville de l’Empire d’Éthiopie, a été le dernier empereur d’Éthiopie de 1930 à 1974.

Il règne sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (ge’ez : ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ « Puissance de la Trinité »).

Ras Makonnen
Ras Makonnen

Mais son père, le Ras Makonnen, lui donna à la naissance le nom « Tafari » qui signifie : « Celui qui est redouté » et son propre nom Mäkwännen (መኰንን), qui signifie « Grand, Noble ».

En Ethiopie il est habituel que le nom donné à la naissance reste secret jusqu’au jour du baptême, quarante jours après la naissance.

Le nom de Tafari est donc resté secret 40 jours: “Tafari Makonnen

La légende de la naissance de Haïlé Sélassié – La Naissance d’une étoile

En l’an 1892, on vit apparaître dans les cieux une étoile d’une grande signification, qu’on n’avait jamais vue auparavant.

Le monde s’émerveilla et les astrologues se demandèrent quel en était le sens.

Les tensions s’élevèrent aussi à Harar, en Ethiopie, où vivaient le gouverneur Ras Makonnen et sa femme Yashimabet.

Elle était en couche et tous, père et mère, accompagnés de tout le peuple, priaient pour que son accouchement soit sans encombre. Car, aucun de ses précédents enfants n’avaient survécu.

Cependant, les plus anciens qui avaient scruté le ciel avaient remarqué cette étoile nouvelle qui brillait dans toute sa gloire.

Ils se rassemblèrent dans les villages et contemplèrent l’étoile avec admiration et anticipation.

Prêtres, Abounas et Hommes Sages se retrouvèrent ensemble car cette étoile devint semblable à celle qui était apparue à Bethléem au temps de Jésus.

Même Ras Makonnen, alors qu’il restait dans sa véranda dans une profonde méditation et une prière solennelle, avait remarqué cette étoile. Et, il espérait que ce serait un signe de victoire.

Il avait voulu un fils et sa prière atteint les profondeurs des cieux.

Hailé Sélassié le Ras Tafari

Neveu de l’Empereur Ménélik II, qui, au cours de son règne, accomplit les premiers pas vers la création d’un État unifié et moderne.

La plupart des Rastas le considèrent comme:

Hailé Sélassié 1er - Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu, Défenseur de la foi chrétienne

Le « dirigeant légitime de la Terre » (Earth’s rightful ruler) et le Messie.

En effet, en raison de son ascendance selon la tradition éthiopienne de la dynastie dite « salomonide » ou « salomonienne », qui remonte aux Rois Salomon et David par la Reine de Saba dont il était le deux cent vingt-cinquième successeur.

« Le nom du mouvement « Rastafari » vient de Ras Tafari Makonnen couronné en 1930 Neguss Negest d’Éthiopie, lion conquérant de la tribu de Juda, défenseur de la foi chrétienne,  sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (Puissance de la Trinité). »

Haïlé Sélassié Ier n’a jamais reconnu l’occupation italienne de son pays, entre 1935 et 1941, et considérait qu’il régnait encore pendant cette période.

Enfance de l’Empereur Hailé Sélassié 1er

Le père de Hailé Sélassié est le Ras Makonnen, gouverneur du Hararghé et sa mère,  Woyzero  Yeshimebe Ali Abba Jifar.

Il perd sa mère alors qu’il n’a pas encore deux ans, qui meurt du choléra le 14 mars 1894.

Hailé Sélassié et son Père le Ras Makonnen

Et, son père meurt le 21 mars 1906, laissant Tafari, âgé de 14 ans, aux bons soins de l’empereur Menelik II.

Jeune homme intelligent, il reçoit une éducation complète et ouverte sur l’extérieur.

En effet Harar devient la porte du pays avec la construction du chemin de fer qui atteint Dire Dawa en 1902.

Dans son entourage se trouve Monseigneur André Jarosseau, évêque capucin français et vicaire apostolique de Harar qui avait acquis la confiance de son père dès les premières années de son séjour au Hararghé.

En 1906, le «Père André » dépêche auprès du jeune homme un précepteur d’origine éthiopienne, séminariste catholique à Harar : Ato Samuel 

Il resta auprès du futur Empereur durant dix années. Tafari en garde une bonne connaissance du français qu’il avait commencé à apprendre auprès du docteur Joseph Vitalien.

Premières responsabilités du Prince
Hailé Sélassié Jeune - Prince Tafari Makonnen
Prince Makonnen

Jugé trop jeune, en ce mois de mai 1906, pour succéder à son défunt père au gouvernorat de Harar, le jeune dejazmatch, est nommé par l’empereur gouverneur de la province du Selalé.

Alors, il s’installe au gebbi impérial pour y continuer sa formation.

Et c’est ainsi qu’il profite de son long séjour à Addis-Abeba pour rencontrer diverses personnalités politiques et religieuses.

Aussi, pour acquérir de l’expérience dans le traitement des affaires politiques et administratives.

Et enfin pour se familiariser avec la modernité de la capitale impériale.

Intrigues et jeux de pouvoirs

Après la mort de son frère le dejazmach Yelma, en octobre 1907, qui avait été nommé gouverneur de Harar, Tafari récupère le gouvernorat de la province du Sidamo

Prince Tafari

Et, effectivement, il s’y rend pour y exercer son mandat et rendre la justice.

Un an après son arrivée, Tafari, ayant appris que l’empereur était gravement malade, rentre à Addis-Abeba, en avril 1909.

Il se retrouve alors au milieu d’intrigues liées à la succession de Ménélik II.

En effet, l’empereur Ménélik II était devenu incapable de parler ou de se mouvoir à partir du 28 octobre 1909.

Ledj Lyasu
Ledj Lyasu

L’impératrice Taytu tenta de s’imposer mais c’est le Ras Bitwaddad Tässäma Nado qui réussit à se positionner comme régent plénipotentiaire.

Et de ce fait, il offrait la perspective du trône au petit-fils de Menelik II et cousin de TafariLedj Lyasu.

C’est dans ce contexte qu’il obtient enfin le gouvernorat de son père, dans le Hararghé, le 3 mars 1910.

Mais il faut savoir qu’il dû conclure auparavant un pacte avec son cousin, en présence de l’Abouna Mattewos.

Celui-ci avait pour but :

  • D’une part, d’écarter toute tentation de Tafari, issu de la dynastie salomonienne, de briguer le trône impérial.
  • Et, d’autre part, d’éviter qu’Iyasu ne s’en prenne à lui en l’accusant de rivalité ou en cherchant à lui enlever son gouvernorat.

Retour au Hararghé

Le 12 mai 1910, Tafari fait son entrée dans Harar, accueilli par la population et les membres du Corps diplomatique présents dans la ville.

Durant les années qui suivent, il entreprend de réformer l’administration politique, fiscale et militaire de sa province.

Et aussi d’en moderniser l’économie, dans un territoire en contact direct avec les puissances européennes.

Il donne aussi des gages de bonne volonté au régent et à son cousin prouvant, par son mariage avec Wäyzäro Altayech, la nièce d’Iyasu, qu’il n’était pas une menace pour le trône

Après la mort du Ras Bitwäddäd Tässäma, le 10 avril 1911, les rapports entre Tafari et Iyasu se dégradent progressivement.

Impératrice Menen Asfaw
Menen Asfaw

Et, le 3 août 1911, Tafari, âgé de 19 ans, épouse en secondes noces Menen Asfaw, fille du Jantirar Asfaw d’Ambassel et petite-fille par sa mère du Ras Mikaél du Wollo.

Les tentions entre Cousins
 Ledj Lyasu et le Dejazmach Tafari
Ledj Lyasu & le Dejazmach Tafari

C’est alors que le prince héritier néglige les affaires politiques de l’empire.

Et, fuyant le poids exercé par le clergé du Shewa, séjourne longuement à Harar où il ne cache pas ses préférences pour l’islam et la population musulmane.

En effet, il cherchait ainsi à déstabiliser Tafari au sein de sa propre province.

Ainsi, le 13 août 1916, Iyasu réassigne Tafari à la province du Kaffa et décide d’assumer lui-même le gouvernorat de Harar.

Présent à Addis-Abeba et refusant de se rendre dans le sud de l’empire, Tafari assiste, sans trop y prendre part, à la planification d’un coup d’État contre Iyasu, installé à Harar.

Un nouvel Empereur

Lidj Iyasou, figure inquiète et instable, fini par se convertit à l’islam.

Et, à la faveur d’influences allemandes, incline à reconnaître la suzeraineté religieuse du sultan de Constantinople.

Le pays se révolte.

Le 27 septembre 1916, Lidj Iyasu est déposé par une assemblée de nobles avec l’accord du patriarche de l’Église, accusé de s’être converti à l’islam et d’être apostat.

Le Prince héritier

Impératrice  Zewditou 1ère
Impératrice Zewditou Ire

La fille de Ménélik II et tante d’Iyasu, Zewditou est proclamée impératrice d’Éthiopie sous le nom de Zewditou Ire et son neuveu Tafari, prince héritier (alga-wärash) et régent de la couronne.

En tant que régent, Le Ras Tafari exerça la réalité du pouvoir durant le règne de Zewditou.

Considérant que:

«l’Éthiopie a reçu l’évangile du Christ en même temps que les nations d’Occident».

Le prince héritier plaide à Genève, en 1923, la cause de son pays.

Il y déclare que :

«Si le hasard de la géographie et de l’histoire l’ont isolé du monde occidental pendant des siècles, il est cependant sensible à ses valeurs et entend remplir les mêmes devoirs à l’égard de la communauté internationale».

Hailé Sélassié Prince héritier et Régent
Ras Tafari Makonnen Prince héritier et Régent

Il obtient ainsi l’admission de l’Éthiopie à la Société des Nations (l’ancêtre de l’ONU) et décide d’y abolir l’esclavage.

Le Couronnement de l Empereur Sa Majesté Hailé Sélassié 1er

C’est ainsi qu’il réalise une première tournée diplomatique en Europe en 1924.

Il est proclamé Negus du 7 octobre 1928 au 2 avril 1930, date du décès de l’impératrice.

Hailé Sélassié - Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Puissance de la trinité, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu

Ainsi, après une nuit entière de veillée dans la cathédrale Saint-Georges d’Addis Abeba:

Il est alors couronné Empereur (negusä nägäst) le 2 novembre 1930 sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (puissance de la Trinité).

Et d’ailleurs, cette date devint, depuis lors, jour de fête nationale.

Il reçoit à cette occasion les titres de:

Roi des Rois d’Éthiopie, Seigneur des Seigneurs, Puissance de la trinité, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu.

Gärmawi Qädamawi Haylä Sellassé, negusä nägäst zä’Ityopya, moa anbessa zä’emnägädä yehuda, berhanä aläm, seyumä Egziabhér.

Le sacre, se déroule en présence de représentants d’une douzaine de délégations étrangères:

  • Grande-Bretagne,
  • France
  • Et États-Unis notamment

Et il fait du Negusä Nagäst d’Éthiopie l’Unique Noir souverain d’un État africain indépendant et non colonisé.

L’ultime empereur d’Abyssinie

Hailé Sélassié 1er

Haïlé Sélassié poursuit la politique de modernisation progressive lancée par Ménélik II.

Mais, cette modernisation des institutions s’effectue toutefois avec prudence.

Alors, en 1931, il donne peu après au pays sa première Constitution écrite.

Elle prévoyait un parlement bicaméral (avec deux chambres), un code légal, et proclamait tous les Éthiopiens égaux.

Par sa politique étrangère avisée, il a donné une chance à des milliers d’étudiants d’étudier à l’étranger.

Encore une Guerre Italo-Éthiopienne

Le Contexte de la Guerre

La SDN (Société des Nations), dont est pourtant membre l’Éthiopie, réagit faiblement lors de l’invasion italienne de 1935.

Et cet acte provoque la seconde guerre italo-éthiopienne.

En effet, la SDN refusa de soutenir un embargo sur les armes à destination de l’Italie.

Seconde guerre italo-éthiopienne

Lorsqu’en octobre 1935 le gouvernement de Mussolini décide d’envahir l’Éthiopie à partir de l’Érythrée et de la Somalie, l’empereur oppose une héroïque résistance à la tête de ses troupes.

Mais il est desservi par un armement inférieur et la collaboration de certains seigneurs avec les Italiens.

Il décide alors, en accord avec le Conseil des ministres et après avoir nommé un vice-roi (le Ras Imrou), de s’expatrier.

C’est ainsi qu’en mai 1936, il se retire à Bath, en Grande-Bretagne.

C’est en juin de cette même année, qu’il décide de s’exprimer à la Société des Nations.

Et il lance alors le fameux appel à la sécurité collective depuis la tribune de la S.D.N. à Genève.

Les Efforts de l’Empereur Hailé Sélassié

Malgré la présence et les huées des fascistes Italien de l’époque, l’Empereur Hailé Sélassié 1er, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Puissance de la trinité, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu, Défenseur de la foi chrétienne s’apprête à prendre la parole. En effet, seul Noir dans une assemblée de blanc à l époque coloniale, il prendra la parole sur le même pied d égalité.

Et il va prononcer un discours dans le  but de demander l’aide de la SDN envers le peuple éthiopien.

Discours de Genève 1936 de Hailé Sélassié 1er

Hailé Sélassié 1er à Genève 1936
Discours de Genève 1936

« Je suis venu en personne, témoin du crime commis à l’encontre de mon peuple, afin de donner à l’Europe un avertissement face au destin qui l’attend si elle s’incline aujourd’hui devant les actes accomplis »

Dans ce discours, il proclame la légitimité de sa demande en vertu de la violation par l’Italie de la Convention annexée au Traité de Versailles qui institue la Société des Nations :

« Le Conseil et l’Assemblée ont unanimement adopté la conclusion selon laquelle le gouvernement italien a violé la Convention. »

Et de plus, il dénonce l’illégalité de l’agression italienne au regard du droit international, mais aussi les méthodes.

En effet, il signale en particulier l’utilisation de gaz moutarde par l’armée italienne, non seulement à l’encontre des soldats, mais aussi des civils.

Par exemple, lors de la bataille de Mai Ceu, on compte plus de 11 000 soldats éthiopiens qui meurent des suites de l’utilisation de gaz toxiques par les troupes italiennes et érythréennes.

Le Negus détaille l’horreur de ces pratiques.

Il rappelle aux cinquante-deux membres de la SDN les promesses de soutien qui lui ont été faites et dénonce leur inaction.

Avec sa grande éloquence, le discours de l’Empereur Hailé Sélassié lui « valut les applaudissements de la salle et la sympathie du monde entier ».

Pourtant, malgré le fait que son discours fit sensation, et le retentissement de cet appel, il semble n’avoir eu aucun effet direct.

L’Empereur parti donc, sans gain de cause. Il retourne en Grande-Bretagne, où Il vit à Bath du 5 mai 1936 au 5 mai 1941.

La retraite en Grande-Bretagne

Dans sa retraite, il reçoit une lettre de la future reine d’Angleterre, la princesse Élisabeth, qui note : 

Hailé Sélassié 1er et la Reine Elisabeth

« Je pense à vous et je vous admire ».

Interdit d’entrée aux États-Unis, il y envoie son médecin personnel Emmanuel Malaku Bayen. Et cet dernier prend la direction de la Fédération mondiale éthiopienne pour coordonner l’aide aux réfugiés.

Il entreprend quelques années plus tard la libération de l’Éthiopie :

  • Après avoir rallié les Éthiopiens réfugiés au Kenya et au Soudan.
  • Il vient à Khartoum en juillet 1940 (l’Italie vient de déclarer la guerre aux Alliés) et assure la liaison entre ses troupes et l’armée anglaise.
  • Et le 5 mai 1941, il fait une entrée triomphale dans sa capitale libérée par les brigades anglo-indiennes avec l’appui des Forces françaises libres.

Le retour de l’Empereur

Dans son pays recouvré, le Roi des Rois, Hailé Sélassié 1er trouve tout à reconstruire alors que l’élite éthiopienne a été décimée par l’occupation.

Poursuivant inlassablement la mission qu’il s’était assignée alors qu’il était un jeune prince, il entreprend de nombreux voyages à l’étranger.

Emperuer Hailé Sélassié 1er, Roi des Rois

Ainsi, il devint rapidement la figure de proue des pays opprimés, puis du Tiers Monde et de l’Afrique en particulier.

Son attitude fut particulièrement appréciée en Afrique, où il ne fit aucune distinction entre pays « révolutionnaires » et « modérés », entretenant avec les uns et les autres d’excellentes relations.

Il peut ainsi se prévaloir de l’amitié d’hommes aussi différents que le président Félix Houphouët-Boigny et le président Nkrumah, que M. Ben Bella et Hassan II.

La confiance qu’on lui témoigne trouve son origine dans son action persistante contre l’injustice, sous toutes ses formes.

Les Rapports du Roi avec les autres Nations

Entretenant de bonnes relations avec le président américain Franklin Roosevelt, qu’il avait rencontré le 13 février 1945 sur l’USS Quincy en Égypte, et ses alliés, l’empereur obtient l’entrée de l’Éthiopie dans l’ONU dès sa fondation.

Bien que soutenu par les États-Unis, Haïlé Selassié se rapproche des non-alignés pendant la Guerre froide, participant à la conférence de Bandung.

C’était un Roi soucieux d’ancrer l’Éthiopie dans l’Afrique.

Ainsi, il œuvre à la création d’une organisation panafricaine. Et lorsque l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue depuis l’Union Africaine, est fondée en 1963 à son instigation, elle établit son siège à Addis Abeba.

En effet, il préside en 1963 l’Organisation de l’unité africaine, dont le siège est établi à Addis-Abeba.

Avec le président malien Modibo Keïta, il parvient à convaincre le Maroc et l’Algérie de conclure les accords de Bamako (1964), mettant fin à la guerre des sables.

À la suite de conflits avec la Somalie à propos de l’Ogaden, territoire éthiopien peuplé majoritairement de Somaliens, il signe un traité de défense mutuelle en 1964 avec le premier ministre kényan Jomo Kenyatta.

Hailé Sélassié à la Jamaïque

Hailé Sélassié 1er en Jamaïque

Le déclencheur de l’érection de l’Ethiopie en “Terre promise” est l’homme politique d’origine jamaïcaine Marcus Garvey.

En effet, dans un discours prononcé en 1916 avant son départ pour les Etats-Unis, il prophétise l’accession au trône de Haïlé Sélassié Ier en évoquant le psaume 68 :

« Des grands viennent d’Egypte et d’Ethiopie les mains tendues vers Dieu. Royaumes de la terre, chantez 0 Dieu, Célébrez le Seigneur! – Pause. Chantez à celui qui s’avance dans les cieux, les cieux éternels ! Voici, il fait entendre sa voix, sa voix puissante. Rendez gloire à Dieu ! Sa majesté est sur Israël, et sa force dans les cieux. De ton sanctuaire, ô Dieu! Tu es redoutable. Le Dieu d’Israël donne à son peuple la force et la puissance. Béni soit Dieu ! »

L’Empereur est ainsi annoncé en 1916 par Marcus Garvey alors qu’il est proclamé négus en octobre 1928.

Un autre fragment du discours de Garvey en 1916 le laisse aussi entrevoir :

“Cherchez en Afrique le couronnement d’un roi noir, il pourrait être le Rédempteur.”

Ceci dit, Hailé Selassié ne s’est jamais revendiqué du rastafarisme. Il effectue une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.

Visite Officielle de Hailé Sélassié en Jamaique

À son arrivée, des milliers de fidèles lui réservent un accueil triomphal.

Hailé Sélassié 1er en Jamaïque

Les autorités jamaïcaines sont débordées et il a fallu chercher un médiateur : Mortimer Planno.

Cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l’occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement et de s’en faire sa propre idée.

Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley observant la main d’Hailé Sélassié est persuadée d’y voir les stigmates du ChristBob Marley devient rasta cette même année 1966.

À l’occasion de ce voyage, Hailé Sélassié concède des terres situées à Shashamane à 300 kilomètres au sud d’Addis-Abeba, aux rastafariens.

Il le fait par le biais de l’Ethiopian World Federation (EWF), dont il est le fondateur.

Ceci pour remercier les afro-américains et caribéens qui essayèrent de sensibiliser l’opinion au sort de l’Éthiopie après son invasion par l’Italie de Mussolini. 

Ce terrain est devenu pour certains rastafaris le symbole de l’unité africaine.

Cependant, seuls quelques centaines de rastafariens (principalement de la communauté des Twelve Tribes Of Israel) s’installeront en Éthiopie.

Fin du Règne de l’Empereur Hailé Sélassié

En septembre 1974, l’empereur est destitué par des soldats et des sous-officiers.

Ce coup d’État révolutionnaire provoque des réactions variées dans le monde.

Une majorité des États de l’OUA exprime sa désapprobation vis-à-vis de l’armée éthiopienne

Tandis que les pays européens insistent sur les précautions à prendre quant aux conditions de détention d’Haïlé Sélassié Ier.

Entretemps, le général Tafari Benti et le colonel Mengistu Haile Maryam sont devenus les hommes forts de l’Éthiopie.

Mort de Hailé Sélassié 1er

Les médias relayèrent la nouvelle de la mort de l’empereur en prison le 27 août 1975.

Ils évoquèrent tantôt les complications d’une opération de la prostate, tantôt une mort par strangulation.

Mais le régime communiste empêchant toute enquête indépendante, il ne fut pas possible de vérifier les circonstances de sa mort.

En effet, elle est considérée par la plupart comme un assassinat.

Sa dépouille est dissimulée dans les soubassements du palais impérial. Et, un an après la chute du régime de Mengistu défait en 1991, elle est retrouvée.

Funéraille de Hailé Sélassié 1er

En effet, le corps de Haïlé Sélassié, dont les restes momifiés ont été retrouvés en 1992, repose depuis 2000 dans la cathédrale de la Sainte-Trinité à Addis-Abeba.

Lieu sacré où d’autres membres de sa famille sont aussi inhumés, notamment l’Empereur Ménélik II et l’Impératrice Menen.

Hailé Sélassié 1er

Empreint de mystère et de légende, le nom de l’Ethiopie évoquera à jamais le souvenir de cette mince silhouette qui se dressait, solitaire, à la tribune de la Société des Nations en 1936, pour mettre le monde en garde contre l’agression fasciste de l’Italie.

Sa Majesté Hailé Sélassié 1er, Empereur d’Ethiopie, restera également pour l’histoire l’un des pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine dont il offrira le siège à Addis Abeba.

Mais il reste le chef spirituel des rastafariens qui effectuent régulièrement leur pèlerinage en Ethiopie.

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5 pensées sur “Haïlé Sélassié Ier, Puissance de la Trinité – Dernier Empereur d’Éthiopie

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