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Conte de Côte d’Ivoire – L’œuf et le poussin

Afrique Réveil – L’œuf et le Poussin

Jadis, Guéchinhnin l’œuf et Guéplé le poussin étaient les meilleurs frères qui puissent exister au monde, ils vivaient étroitement dans une atmosphère bonne et agréable.

Puis un jour, las de leur sédentarité, ils décidèrent tous deux d’aller à l’aventure pour découvrir d’autres horizons. Chacun prit le temps pour préparer les affaires qu’il allait emporter ; enfin, le jour qu’ils s’étaient fixé pour leur départ arriva.

Très tôt le matin, ils quittèrent tous les deux le village et commencèrent à marcher en silence. Chemin faisant, Guéchinhnin l’œuf fut le premier à rompre le silence ; il demanda à Guéplé le, poussin de porter son sac :

  • Tiens, petit frère, porte donc mon sac ! N’est-ce pas que tu es le plus jeune de nous deux !
A ces mots, Guéplé le poussin s’indigna :
  • Comment oses-tu me traiter de « plus jeune » ? Tu voudrais qu’en plus de mon sac je porte le tien ! quel culot !

Et une chaude discussion qui, à vrai dire, ressemblait plus à une dispute, fut engagée entre les deux frères :

  • Guéplé, avant de t’adresser à moi, tourne sept fois la langue dans ta bouche. Tu me dois du respect !
  • Bah, de quoi ! Guéchinhnin ! De quel droit ? Est-ce que tu as vu le soleil avant moi ? Tu n’es même pas encore sorti de ta coquille et tu oses discuter d’âge avec moi !
  • Ecoute, Guéplé, je te demande une dernière fois de réfléchir avant de me parler. Je sais seulement que tu dois porter mon sac et trêve de bavardages.
  • Et puis quoi encore ! rouspéta Guéplé le poussin, il n’en est pas question, je n’accepterai pas cela ! Et si cela ne te convient pas, je te propose une épreuve qui nous départagera.

Après réflexion, Guéchinhnin l’œuf accepta de faire l’expérience. Tout à côté de l’endroit où ils étaient, se trouvait un rocher de granite.

Guéplé le poussin proposa à Guéchinhnin l’œuf de grimper, chacun à son tour, au sommet du rocher et de sauter pour se retrouver en bas.

« Celui d’entre nous deux qui se fera mal en sautant sera déclaré le plus jeune et devra porter les deux sacs pendant tout le voyage », convinrent-ils.

Ce fut une mauvaise idée pour Guéchinhnin l’œuf que d’accepter ce pari ; un regrettable accident se produisit ; malgré lui, Guéchinhnin l’œuf avait sauté du haut de la grosse pierre de granite et en tombant, se cassa. Ne pouvant plus bouger, il se mit à pleurer. Guéplé le poussin qui était bien content d’avoir prouvé qu’il était bien le plus vieux, se mit à rire de joie ;

Il se moquait et se tordait tant de rire qu’il se frotta à Kassougo, la feuille de chiendent, qui lui trancha la gorge.

Kassougo la feuille de chiendent, surprise, mais heureuse de ce qu’elle venait de faire sans vraiment le vouloir, se mit à balancer de joie et de fierté ; mais, Kassounh le feu de brousse qui passait par là la consuma sans autre forme de procès.

A son tour, Kassounh le feu, content de ce repas, dévalait à toute allure la brousse lorsque Kassakpilé la pluie diluvienne se mit à tomber et éteignit le feu en moins de quelques minutes.

La pluie toute heureuse à son tour se mit à rire, à rire et ne vit pas Gbihin la sècheresse qui arriva et qui fit évaporer toutes les étendues d’eau jusqu’à faire craqueler le sol. Fière de ce qu’elle avait fait, Gbihin, la sécheresse regarda autour d’elle et ne vit que désolation.

Folle de bonheur elle voulut se moquer, mais survint Kafall l’ouragan qui l’emporta loin de la terre dans les nuées. Fier et content de sa grande puissance, Kafall l’ouragan se mit à souffler de plus en plus fort, jusqu’à mettre en colère Gnyhènin le ciel qui, dans toute sa grandeur, aspira l’ouragan et l’engloutit.

Toutefois, Kassounh le feu, Gbihin la secheresse, Kassapkilé la grande pluie, et Kafall l’ouragan réussissent de temps en temps à s’échapper du ciel pour revenir sur terre. Et c’est pourquoi les vents, les pluies et la sécheresse, et bien souvent le feu, viennent toujours du ciel.

Il faut se garder de se vanter. Il y a toujours plus fort que soi.

Extrait de : La houe Magique de Boundou Koné

Voir Aussi: L’orphelin et les méchants villageois

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