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Conte d’Afrique – La chèvre et le vieillard

Conte d’Afrique, il y a très longtemps, dans une contrée lointaine où les forêts étaient partout; Vivait seul un hideux vieillard avec une chèvre qu’il aimait par-dessus tout.

Celle-ci était très vieille mais restait en vie par amour pour lui. Le vieillard désirait une descendance.

Un beau jour, alors que le vieillard était allé couper du bois, sa chèvre, voulant lui prouver son amour, alla voir le génie de l’arbre.

Une fois arrivée, le génie lui demanda de sa voix grave :

  • Que veux-tu, petit animal ?
  • Je voudrais rendre mon maître heureux.
  • De quelle manière puis-je t’aider ?
  • Mon maître souhaite une descendance et j’aimerais la lui apporter.

Le génie réfléchit un moment puis lui dit :

  • Je peux te transformer en femme.

Tout heureuse la chèvre sautait déjà partout à l’idée de rendre le vieillard heureux.

C’est à ce moment-là que le génie prononça sa formule :

Kalakou, Kalakou, bérékoukiiiiiiii !

Et la chèvre se transforma en une superbe femme :

  • Je te remercie grand génie de l’arbre.

Alors qu’elle s’en retournait, le génie lui cria :

  • Tu sacrifieras ton cinquième enfant sur mon arbre.

Le vieillard et sa première femme

Elle s’en retourna sans prêter attention à ce que lui disait le génie. Quand le vieillard rentra chez lui, il fut surpris de trouver une femme.

Celle-ci le rassura :

  • C’est moi, ta chèvre ! Je suis allée voir le génie de l’arbre pour qu’il me transforme en femme afin d’assurer ta descendance comme tu le souhaitais.

Le vieillard la reconnut. Ils eurent un premier enfant. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième, et pour finir, le cinquième.

Les années passèrent, et ils vivaient heureux, sans problème.

Un jour, alors que les enfants jouaient dans la forêt, le cinquième enfant alla se cacher derrière un arbre.

L’arbre l’attrapa et se mit à l’engloutir. Il se mit à chanter en s’adressant à ses frères :

Bori, bori, djinamori, 
bori Bori djinamori
Ka ta fo m’bayé
Djinamori bori
Bori djinamori

Les autres enfants, ayant entendu les cris de leur frère, allèrent prévenir leur mère :

Maman, Maman…
La mère entendit leurs cris et leur demanda :

  • Mais que se passe-t-il, mes petits ?
  • Bourouki s’est fait engloutir par l’arbre et il chante :
Bori, bori, djinamori, bori
Bori djinamori
Ka ta fo m’bayé
Djinamori bori
Bori djinamori

La femme se souvint alors de ce que lui avait dit le génie. Elle alla voir celui-ci avec son mari, le vieil homme.

  • Rends-moi mon enfant, dit-elle au génie.

Et le génie lui répondit :

  • Tu sacrifieras ton cinquième enfant sur mon arbre, souviens-toi.
  • Tu l’as fait, alors je le prends !

La femme lui répondit :

  • Mais tu n’as pas précisé à quel âge je devais le sacrifier et ceci est une faute dans les droits conférés aux génies.
  • Tu dois donc me le rendre.

Le génie réfléchit et avoua :

  • C’est vrai, malheureuse, tu as raison, je dois te le rendre.

Ils repartirent donc avec les cinq enfants et vécurent heureux.

Un oubli peut toujours être rattrapé.

Conte du Mali

Voir aussi: L’orphelin et les méchants villageois

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