Jerry Rawlings un pilier du panafricanisme

Jerry Rawlings un pilier du panafricanisme

Jerry Rawlings est né le 22 juin 1947 à Accra, sur la Côte-de-l’Or, une colonie britannique.

Ses parents sont Victoria Agbotui, autochtone, et James Ramsey John, un chimiste originaire de Castle Douglas, en Écosse.

Rawlings fréquente l’école Achimota à Accra. Il est le seul enfant né de sa mère, elle-même issue de deux groupes ethniques:

  • Les Nzema 
  • Et les Ewe, d’importance numérique faible.

Cette absence d’une lignée importante s’est avérée un avantage politique pour Rawlings. Car elle l’a libéré des pressions familiales et tribales.

Rawlings se marie à Nana Konadu Agyeman, qu’il rencontre au Collège Achimota. Ils ont trois filles.

Il entre en 1968 à l’académie militaire ghanéenne, à Teshie. Il devient l’année suivante pilote d’aviation de l’Armée de l’air ghanéenne, et accède au grade de lieutenant.

La pauvreté est alors en pleine expansion dans un pays gouverné depuis 1966 par un régime militaire corrompu et répressif.

En effet, les coups d’Etat se succèdent depuis celui qui a renversé le père de l’indépendance, Kwame Nkrumah, en 1966.

Ainsi, en 1979, le jeune pilote de l’armée de l’air qu’il est devenu, un rêve d’enfant” avoue-t-il dans un documentaire qui lui est consacré par la chaîne chinoise CGTN Africaest jugé avec d’autres compagnons d’armes pour tentative de coup d’Etat.

Premier coup d’état de Jerry Rawlings

Effectivement, Jerry Rawlings anime une première tentative de coup d’État, le 15 mai 1979.

Sa tentative échoue. Il est arrêté.

Il est condamné à mort et son procès est public. Une tribune inespérée où il évoque, entre autres, cette sensation de faim que la plupart des Ghanéens connaissent à l’époque quand il est appelé à se défendre.

Une sortie qui lui vaudra le surnom de “Junior Jesus“. En effet, formé à partir de ses initiales “JJ”, rapporte Ghana News Agency, l’agence de presse ghanéenne.

“Avant qu’il ne puisse être exécuté, un autre groupe d’officiers subalternes de l’armée ghanéenne, dirigé par le major Boakye-Djan, renverse le gouvernement militaire de l’époque du lieutenant général Fred Akuffo lors d’un coup d’Etat sanglant le 4 juin 1979. Le major Boakye-Djan et ses hommes ont également libéré Rawlings et l’ont installé à la tête du nouveau gouvernement, le Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC).” 

C’est la révolution – Cession du pouvoir volontairement

“Au moment du coup d’Etat, raconte la Ghana News Agency, le Ghana était déjà bien avancé dans le processus de retour à un régime civil et des élections générales étaient déjà prévues. L’AFRC a donc organisé des élections et a remis le pouvoir au Dr. Hilla Limann.”

Le 24 septembre 1979, il cède le pouvoir à un gouvernement civil, mené par le Président Limann.

“Si j’avais tenté de rester au pouvoir, le peuple m’aurait défié et je n’aurais pas pu résister”. Affirmait-il sur les antennes de la télévision publique burkinabè.

En effet, sa lucidité politique explique un parcours singulier dans un paysage politique africain marqué par des héros qui finissent par être des bourreaux conspués et chassés du pouvoir par le peuple.

Mais deux ans plus tard, Jerry Rawlings décide de reprendre les choses en main et déloge le président Limann.

Reprise du Pouvoir après deux ans

En effet, mécontent du pouvoir civil, qu’il estime corrompu, il reprend le contrôle du pays. Et cela le 31 décembre 1981 par un nouveau coup d’État qui renverse le régime de Limann.

Il estime entre autres que la lutte contre la corruption, son moteur politique, n’est pas menée. Ainsi, il forme alors le Conseil national provisoire de défense (PNDC) et dirige fermement le Ghana jusqu’à l’avènement du multipartisme au début des années 90.

En effet, il ne se réclame ni du marxisme ni du capitalisme, mais, confronté à une crise économique, il applique à partir de 1983 une politique économique libérale, répondant aux souhaits du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, lesquels accordent des prêts en échange.

Mais, il renoue cependant avec les positions panafricaines et tiers-mondistes du père de l’indépendance du Ghana, Kwame Nkrumah. Opposé à tous les « exploiteurs de l’Afrique » il se rapproche de Cuba et de la Libye. Il est également proche du président du Burkina Faso, Thomas Sankara.

Au Ghana, en 1989, Rawlings s’est formellement prononcé contre l’excision et les autres types de pratiques traditionnelles néfastes.

En 1992, Rawlings démissionne de l’armée, instaure le multipartisme, et fonde le Congrès démocratique national. Il engage le pays dans un processus de démocratisation.

Il est élu président le 7 décembre 1992, et prend ses fonctions le 7 janvier 1993.

Quatrième République sous Jerry Rawlings

Le Ghana s’est doté d’une nouvelle Constitution qui donne naissance à la IVe République.

Jerry John Rawlings en deviendra le premier président “à l’issue d’un scrutin démocratique (mais) terni par des accusations de fraudes”, rappelle l’AFP.

Quatre ans plus tard, les Ghanéens lui offrent un deuxième mandat qui s’achève en 2000.

En effet, le 7 décembre 1996, il est réélu à la présidence de la République du Ghana.

Il entame son second mandat le 7 janvier 1997. Après deux mandats, la limite prévue par la Constitution ghanéenne, Rawlings entérine la candidature de son vice-président, John Atta Mills, à la présidence en 2000, au nom de son parti.

Mais le 7 décembre 2000, c’est le candidat de l’opposition, du Nouveau Parti patriotique (NPP), John Kufuor, qui est élu président.

L’alternance est pacifique, Rawlings passe à son tour dans l’opposition. Le 28 décembre 2008, le candidat du Congrès démocratique national John Atta-Mills est cette fois élu président, marquant une nouvelle alternance politique. Encore une fois, cette alternance est pacifique.

Après son départ de la présidence, Rawlings conservera un agenda chargé, voyageant à travers le continent et jusqu’aux États-Unis ou en Europe, pour participer à nombre de conférences. Accueilli à chaque fois en guest star, cet homme charismatique qui fut l’ami du burkinabè Thomas Sankara disserte volontiers sur les thèmes qui lui sont chers : le panafricanisme, la bonne gouvernance et le développement… Sans jamais manquer une occasion d’égratigner ceux qui lui ont succédé à la tête du Ghana.

Il meurt le 12 novembre 2020, dans un hôpital d’Accra, à 73 ans.

La Rédaction

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