Le Nouvel An Égyptien – Saisons et Calendrier

Le Nouvel An Égyptien démarrait le premier jour du calendrier, soit le premier jour du premier mois de la saison de l’inondation des cultures par le Nil : Akhet.

Le début de la saison d’Akhet correspondait symboliquement à la crue du Nil.

Ainsi, cette date portait en elle une forte connotation de renouveau bénéfique.

En effet, la crue du Nil était vitale pour les Égyptiens, car elle déposait sur les cultures du limon, permettant ainsi de bonnes récoltes.

Les sages égyptiens, ayant constaté que le début de la crue du Nil concorde approximativement avec l’apparition céleste de “Sopdet” (Sirus), ont liés ces deux phénomènes.

Le calendrier gravé sur les ordres de Ramsès III sur les murs extérieurs de son temple de Médinet Habou atteste que la fête de Sopdet coïncide avec celle du nouvel an.

La grande fête du nouvel an

Le nouvel an est sans aucun doute l’une des fêtes les plus prisées des Égyptiens de l’Antiquité.

À cette occasion, chacun fait des offrandes aux défunts et aux dieux. Surtout à , dont le jour de naissance était censé être le jour de l’an.

De même, une procession de vases remplis de « l’eau nouvelle » du Nil avait lieu du fleuve jusqu’aux temples.

Et, dans les temples, on procédait à des rites d’illuminations, et on en profitait également pour les reconsacrer aux dieux.

C’est également le moment où le Pharaon va pouvoir faire plaisir à ses principaux favoris.

Les présents prodigués par le roi au nouvel an sont parfois somptueux.
Présents du Nouvel An Égyptien

Des scènes gravées sur les parois de la tombe de Kenamon, intendant d’Amenhotep II, montrent le luxe déployé en la circonstance.

Ce haut personnage était chargé de la distribution des présents qu’il faisait sortir du trésor royal. Et qui devaient au préalable être soumis à l’approbation du roi.

Les objets les plus prisés sont des statuettes dorées à l’effigie du Roi. Et, sculptées dans toutes les attitudes et avec tous les costumes possibles, pour bien montrer la force et la vitalité de Pharaon.

Les armes sont également appréciées :
  • Carquois incrustés de pierreries,
  • Poignards,
  • Haches et boucliers.

Sans compter les nombreux:

  • Sièges à dossier
  • Les éventails
  • Les coffres décorés
  • Les miroirs
  • Les vases précieux,
  • Les scènes de chasse.

Saisons et Calendrier Egyptien

L’Egypte ancienne met très tôt au point une bureaucratie efficace. Sans les efforts réunis de fonctionnaires compétents, un Etat de cette taille (de la Méditerranée à la première cataracte du Nil) n’avait guère de chance de survie.

L’existence d’un système fiable de mesure du temps est la condition préalable d’une solide administration.

Les Égyptiens sont les premiers à inventer un calendrier intelligent – encore en usage moyennant de légères corrections.

Leur calendrier « civil », surtout utilisé aux fins de datation, est adopté dès l’Ancien Empire.

Calendrier Civil

L’année « civile » de 365 jours est divisée en 12 mois de 30 jours chacun.

Les cinq jours épagomènes, qui n’appartiennent à aucun mois, sont consacrés aux fêtes religieuses.

Ce sont, d’après la croyance, les jours de naissance des dieux protecteurs de l’Egypte.

Les mois sont groupés en trois saisons de quatre mois, portant le nom d’un événement lié à l’agriculture.

L’Année Civile

L’année commence par la saison d’Akhet (inondation), suivie de Peret (émergence, germination) et de Shemou (moisson, été).

  • SHEMOU du 16 mars au 13 juillet.
  • AKHET du 19 juillet au 15 novembre.
  • PERET du 16 novembre au 15 mars.

Chaque mois porte le nom de la divinité dont le jour de fête tombe ce mois-là.

Mois:
  • THOT du 19 juillet au 17 août.
  • PAOPHI du 18 août au 16 septembre.
  • ATHYR du 17 septembre au 16 octobre.
  • CHOIAK du 17 octobre au 15 novembre.
  • TYBI du 16 novembre au 15 décembre.
  • MECHIR du 16 décembre au 14 janvier.
  • PAMENOTH du 15 janvier au 13 février.
  • PHARMOUTI du 14 février au 15 mars.
  • PAKHONS du 16 mars au 14 avril.
  • PAYNI du 15 avril au 14 mai.
  • EPIPHI du 15 mai au 13 juin.
  • MESORE du 14 juin au 13 juillet.

Pour arriver à 365 jours, on ajoutait 5 jours intercalaires (ou épagomène) après la fin de Shemou. Ceux-ci étaient considérés comme les anniversaires d’Osiris, de Seth, d’Isis, de Nephtys et d’Horus du 14 au 18 juillet.

  • 14 juillet : Naissance d’Osiris.
  • 15 juillet : Naissance d’Horus.
  • 16 juillet : Naissance de Seth.
  • 17 juillet : Naissance d’Isis.
  • 18 juillet : Naissance de Nephtys.

Le Mois Civil

Le mois « civil » est divisé en trois « semaines » de dix jours. Des ouvriers de Thèbes Ouest ont laissé d’amples preuves que huit jours de cette « semaines » étaient consacrés au travail, et les deux autres au foyer et à la famille.

Mais peut-être s’agit-il d’un arrangement local qui n’avait pas forcément cours ailleurs. La journée elle-même est subdivisée en vingt-quatre heures.

Adaptation de l’année civile

Ainsi, quelques siècles après l’adoption de ce calendrier, les Égyptiens se rendent sans doute compte du décalage.

Puisque l’année solaire compte une journée et quart de plus que leur année « civile ».

Cela revient à perdre un jour tous les quatre ans par rapport à l’année naturelle, et une saison entière au bout de cinq siècles d’usage continu.

Ayant forcément réalisé que la crue du Nil intervient après la saison d’Akhet, ils ne rectifient toutefois pas ce calendrier qui a fait la preuve de son utilité administrative.

Calendrier Lunaire

Au plan religieux, les Égyptiens se servent toutefois d’un calendrier lunaire basé sur l’observation régulière des phases de la lune, afin d’établir la date exacte de la « nouvelle lune ».

C’est elle , ou plutôt le jour d’invisibilité du croissant, qui détermine le début du mois lunaire.

Le calendrier lunaire est utilisé parallèlement au calendrier civil, et ses mois portent le même nom.

La Lune pour les Égyptiens

L’observation de la lune est nécessaire, puisque la majorité des fêtes se célèbrent au moment d’une phase particulière de l’astre, en général la pleine lune.

Toutefois, comme l’année lunaire compte onze jours de moins que l’année civile, il faut intercaler un mois lunaire supplémentaire tous les deux ou trois ans pour faire coïncider en gros les deux calendriers. Faute de quoi les fêtes des dieux éponymes ne correspondraient plus aux mois du calendrier civil.

Cette intercalation a pour critère le début de l’année civile (premier jour du premier mois d’Akhet) durant l’un des onze jours de son mois lunaire.

Calendrier initial d’essence lunaire

Le calendrier civil et son compagnon lunaire sont élaborés à partir d’un calendrier initial d’essence lunaire. Mais, fondé sur l’année solaire au moyen de l’observation du cycle de Sirus (Sopdet), un astre particulièrement révéré des Égyptiens.

Ce calendrier initial, le seul à ne pas avoir dérivé au cours des siècles du fait de la différence d’un quart de jour, est donc très approprié à l’agriculture. En fait, les trois calendriers sont en usage simultané, chacun pour des raisons différentes.

En conséquence, les observations, mensuelles pour la lune et annuelles pour Sirus, s’effectuent régulièrement.

Et ce, bien que le calendrier civil n’en soit pas affecté.

La Datation Égyptienne

Les événements sont datés par « années de règne », et le compte annuel redémarre a l’accession au trône de chaque nouveau Roi.

Par exemple, C’est le jour de l’an VII du règne de Thoutmôsis III  que Hatchepsout proclame (sur les parois du temple de Deir el-Bahari) que son « couronnement » eu lieu.

Source image: Histoire-et-civilisations-anciennes

Voir Aussi: Imhotep

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