Afrique ancienne – L’Egypte Antique 1ère Partie

Afrique ancienne – L’Egypte Antique 1ère Partie

En raison des variations du climat, la position géographique de la vallée moyenne du Nil, comme de l’Egypte, n’a pas la même importance, ou plus précisément le même impact, durant la période qui s’écoule de – 7000 à – 2400 qu’après cette date.

De 7000 à 2400 avant notre ère, groupes humains et cultures peuvent circuler librement dans l’hémisphère Nord. Aussi bien de l’est à l’ouest que du sud au nord. C’est l’époque primordiale de formation et d’individualisation des cultures africaines.

C’est aussi l’époque où les rapports entre l’est et l’ouest ont pu, le plus librement, jouer entre la vallée du Nil et les civilisations du Proche-Orient, d’une part, comme entre l’Afrique occidentale et l’Afrique orientale d’autre part.

A partir de – 2300, en revanche, et jusqu’au VIIe siècle de notre ère, la vallée du Nil devient la voie privilégiée entre le sud et le nord du Continent.

C’est par elle que passeront les échanges de nature diverse entre l’Afrique noire et la Méditerranée.

Sources de l’histoire de la vallée du Nil dans l’Antiquité

Egypte

L’importance et les avantages que procure à la vallée du Nil sa position géographique dans l’angle nord-est du continent auraient pu rester un simple « thème » excitant pour l’esprit, servant, au mieux, d’introduction aux recherches historiques, si cette même vallée n’était pas aussi la partie de l’Afrique la plus riche en sources historiques anciennes.

Ces sources permettent, dès le Ve millénaire avant notre ère, de contrôler et d’apprécier le rôle joué par les facteurs géographiques dans l’histoire de l’Afrique en général.

Elles nous permettent aussi non seulement de connaître assez bien l’histoire « événementielle » de l’Egypte proprement dite. Mais, surtout, de nous faire une idée précise de la culture matérielle, intellectuelle et religieuse de la basse et moyenne vallée du Nil, jusqu’aux marais du Bahr el-Ghazal.

Les sources à notre disposition sont à la fois archéologiques, donc muettes — en apparence du moins —, et littéraires.

  • Les premières, surtout pour les plus hautes époques, n’ont été recherchées et réunies que récemment. Elles sont encore non seulement incomplètes et inégales, mais aussi peu ou mal exploitées.
  • Les secondes, en revanche, ont une longue tradition derrière elles.

L’Egypte, une terre attirante

Bien avant Champollion, en effet, l’Egypte « mystérieuse » a attiré la curiosité.

Dès l’époque « archaïque », au VIe siècle avant notre ère, les Grecs, successeurs en cela des Préhellènes, notaient déjà ce qui dans la vallée du Nil différait de leurs coutumes et de leurs croyances.

Les observations qu’ils firent dans ce domaine nous sont parvenues grâce à Hérodote. Pour mieux comprendre leurs nouveaux sujets, les souverains lagides — surpris de l’originalité de la civilisation égyptienne — firent rédiger au IIIe siècle, toujours avant notre ère, une histoire complète de l’Egypte pharaonique :

  • Politique aussi bien que religieuse et sociale.

Manéthon, égyptien de naissance, fut chargé de la rédaction de cette histoire générale de l’Egypte.

Il avait accès aux archives anciennes, et pouvait les lire. Si son œuvre nous était parvenue complète, bien des incertitudes nous eussent été épargnées.

Egypte - Bibliothèque d’Alexandrie
La Grande Bibliothèque d’Alexandrie

Malheureusement elle disparut dans l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Les extraits, qui ont été conservés au hasard de compilations trop souvent faites à des fins apologétiques, nous fournissent néanmoins un cadre solide pour l’histoire de l’Egypte.

En effet, les trente et une dynasties « manéthoniennes » restent aujourd’hui encore la base solide de la chronologie relative égyptienne.

Documents anciens rédigés par les Egyptiens

La fermeture des derniers temples égyptiens sous Justinien, au Vie siècle de notre ère, eut pour conséquence l’abandon des écritures de l’Egypte pharaonique :

  • Hiéroglyphique aussi bien que hiératique ou démotique.

Seule la langue survécut dans le copte, mais les sources écrites devinrent peu à peu lettres mortes.

Il fallut attendre 1822 et la découverte de Jean-François Champollion (1790-1832). En effet, pour que l’on ait de nouveau accès aux documents anciens rédigés par les Egyptiens eux-mêmes.

Utilité de ces sources

Ces sources littéraires égyptiennes anciennes ne peuvent être utilisées qu’avec prudence car elles ont un caractère particulier. Le plus souvent elles ont été rédigées avec une arrière-pensée précise :

Enumérer les réalisations d’un pharaon, pour démontrer ainsi qu’il accomplissait au mieux sa mission terrestre, celle de maintenir l’ordre universel voulu par les dieux (Maât), en s’opposant aux forces du chaos qui menacent cet ordre en permanence.

Ou encore, assurer la perpétuité du culte et du souvenir des pharaons qui avaient mérité la reconnaissance des générations successives.

C’est à ces deux catégories de documents qu’appartiennent d’une part les longs textes et les représentations figurées « historiques » qui ornent certaines parties des temples égyptiens et, d’autre part, les « listes d’ancêtres » vénérables comme celles que l’on trouve sculptées dans les temples de Karnak, à la XVIIIe dynastie, et à Abydos à la XIXe.

Pour compiler les listes royales comme celles auxquelles nous venons de faire allusion, les scribes disposaient de documents « authentiques » établis soit par le clergé, soit par l’administration royale.

Cela suppose, d’ailleurs, l’existence d’archives officielles régulièrement tenues. Malheureusement deux seulement de ces documents nous sont parvenus.

Encore sont-ils incomplets.

Ce sont la Pierre dite de Palerme, car le fragment le plus important de ce texte est conservé au musée de cette ville sicilienne, et le Papyrus royal de Turin.

La Pierre de Palerme.
Source : A.H. Gardiner, « The Egypt of the Pharaohs », 1961, Oxford University Press.

La Pierre de Palerme

C’est une dalle de diorite, gravée sur ses deux faces, qui nous donne les noms de tous les pharaons ayant régné en Egypte depuis les origines jusqu’à la Ve dynastie vers – 2450.

A partir de la IIIe dynastie, la Pierre de Palerme énumère les noms des souverains dans l’ordre de leur succession. Mais aussi, année par année, les événements les plus importants des règnes.

Ce sont de véritables « annales » et il est d’autant plus regrettable que, brisé, ce document incomparable ne nous soit parvenu qu’incomplet.

Le Papyrus de Turin

La papyrus de Turin.
Source : A.H. Gardiner, « The Royal Canon of Turin », Oxford, 1954. Photo Griffith Institute, Ashmolean Museum, Oxford.

Ainsi appelé car il est conservé dans le musée de cette ville, il est non moins capital, bien qu’il ne consiste qu’en une liste des souverains, avec leur « protocole complet » et le nombre d’années, mois et jours de leur règne, classés par ordre chronologique.

Cette liste allait jusqu’à la XXe dynastie. Il donnait donc une liste complète de tous les pharaons depuis la plus haute époque jusqu’en – 1200 environ.

Malheureusement, trouvé intact au XIXe siècle, il fut si malmené lors de son transport qu’il fut mis en miettes et qu’il a fallu des années de travail pour le reconstituer.

Mais de très nombreuses lacunes subsistent encore aujourd’hui. Une des particularités du Papyrus de Turin est de grouper les pharaons en séries.

A la fin de chacune de ces « séries », le scribe fait l’addition du nombre total d’années pendant lesquelles les pharaons ainsi groupés ont gouverné. Nul doute que nous n’ayons là l’origine des « dynasties » manéthoniennes.

Voir aussi : https://afriquereveil.com/legypte-antique-2eme-partie-la-chronologie-egyptienne

La Rédaction

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3 commentaires sur “Afrique ancienne – L’Egypte Antique 1ère Partie

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