L’Egypte Antique 2ème Partie – La Chronologie égyptienne

L’Egypte Antique 2ème Partie – La Chronologie égyptienne

Pierre de Palerme, Papyrus de Turin et listes royales monumentales sont d’autant plus importants pour l’histoire de l’Egypte que la Chronologie égyptienne n’a jamais utilisée d’ère continue ou cyclique tels que nos dates :

  • Avant ou après le Christ, celle de l’Hégire ou des Olympiades, par exemple.

Leur comput est fondé sur la personne même du pharaon, et toute date est donnée par rapport au souverain régnant lors de la rédaction du document.

Chronologie égyptienne

Chronologie égyptienne

C’est ainsi, pour prendre un exemple, qu’une stèle sera datée de « l’an 10 du pharaon N, le 2e mois de la saison Akhet, le 8e jour ».

Mais le comput repartira à un lors de l’accession au trône du souverain suivant. Cet usage explique l’importance, pour l’établissement de la chronologie, de connaître à la fois les noms de tous les pharaons ayant régné et la durée du règne de chacun d’entre eux.

S’ils avaient pu nous parvenir intacts, Papyrus de Turin et Pierre de Palerme nous auraient fourni cette connaissance indispensable.

Malheureusement il n’en est rien et les autres monuments qui complètent parfois les lacunes de ces deux sources capitales n’ont pas suffi cependant à nous transmettre une liste complète et sûre de tous les pharaons égyptiens.

Recomposition de la Chronologie

Non seulement, pour certaines périodes, l’ordre de succession lui-même reste sujet à controverse lorsque Papyrus de Turin et Pierre de Palerme font défaut, mais encore la durée exacte du règne de certains souverains reste inconnue.

On ne possède, au mieux, que « la plus haute date connue » d’un pharaon donné, mais son règne a pu durer fort longtemps après l’érection du monument qui donne cette date.

Même avec ces lacunes, si l’on additionne bout à bout toutes les dates fournies par les sources à notre disposition, on arrive à un total de plus de quatre mille ans.

C’est la Chronologie égyptienne longue qui fut acceptée par les premiers égyptologues jusque vers 1900. On s’aperçut alors qu’un tel laps de temps était impossible, car l’étude des textes et des monuments montrèrent, d’une part, qu’à certaines époques plusieurs pharaons régnaient en même temps et qu’il y avait donc des dynasties parallèles, et, d’autre part, qu’il arrivait parfois qu’un pharaon prenait un de ses fils comme co-régent.

Chacun des souverains datant ses monuments de son propre règne, il y avait donc des chevauchements. Et en additionnant les règnes des dynasties parallèles ou ceux des co-régents avec les règnes des souverains en titre, on aboutissait obligatoirement à un chiffre beaucoup trop élevé et faux.

Il aurait probablement été impossible de trouver une solution au problème qui se posait ainsi, si une particularité du calendrier pharaonique ancien n’avait fourni un cadre chronologique sûr. Parce qu’il liait ce calendrier à un phénomène astronomique permanent pour lequel il était facile d’établir des tables.

Lever héliaque de Sothis ou Lever de l’étoile Sothis ou étoile Sirius

Nous faisons allusion ici au lever de l’étoile Sothis — notre Sirius — en même temps que le soleil sous la latitude d’Héliopolis-Memphis.

C’est ce qu’on appelle le « lever héliaque de Sothis » qui fut observé et noté dans l’Antiquité par les Egyptiens.

Ce sont ces observations qui ont fourni les dates « sothiaques » sur lesquelles repose encore aujourd’hui l’essentiel de la chronologie égyptienne.

Calendrier lunaire dans l’antiquité

A l’origine, les Egyptiens comme la majorité des peuples de l’Antiquité semblent avoir utilisé un calendrier lunaire. Notamment pour fixer les dates des fêtes religieuses.

Mais, à côté de ce calendrier astronomique, ils en utilisaient un autre. Peuple de paysans, leur vie quotidienne était puissamment marquée par le rythme de la vie agricole :

  • Semailles,
  • Moissons,
  • Engrangement,
  • Préparation des nouvelles semailles.

La crue du Nil et les trois saisons des égyptiens

Or, en Egypte, dans la Vallée, ce rythme agricole est conditionné par le Nil, dont les avatars déterminent la date des différentes opérations.

Rien d’étonnant donc que, parallèlement à un calendrier religieux, lunaire, les anciens habitants de la Vallée aient aussi utilisé un calendrier naturel fondé sur le retour périodique de l’événement, capital pour leur existence, qu’était l’inondation, la crue du Nil.

Akhet

Dans ce calendrier, la première saison de l’année — en égyptien Akhet — voyait le début de la crue.

Les eaux du fleuve montaient peu à peu et recouvraient les terres desséchées par l’été torride. Pendant quatre mois environ, les champs allaient se gorger d’eau. Au cours de la saison suivante, les terres peu à peu sorties de l’eau de la crue étaient prêtes à être ensemencées.

Peret

C’est la saison Peret — littéralement : « sortir » —, terme qui fait sans doute allusion à la fois à la « sortie » des terres de l’eau et à celle de la végétation.

Les semailles achevées, le paysan attendait la germination puis la maturation des plantes.

Shemou

Au cours de la troisième et dernière saison, les Egyptiens moissonnaient puis engrangeaient les récoltes. Ils n’avaient plus ensuite qu’à attendre la nouvelle crue et à préparer les champs à sa venue.

C’était la saison Shemou.

Il est possible, sinon très vraisemblable, que pendant fort longtemps les Egyptiens se soient contentés de ce calendrier.

  • Le premier de l’an commençait alors avec la montée réelle de la crue. La saison Akhet ainsi inaugurée se poursuivait jusqu’au retrait réel des eaux, qui marquait le début de la saison Peret.
  • Celle-ci se terminait lorsque les céréales venues à maturité étaient prêtes à être fauchées, ce qui marquait le début de la saison Shemou qui ne se terminait qu’avec la nouvelle crue.

Peu importait aux paysans que telle saison fut plus longue que telle autre, ce qui comptait pour eux c’était l’organisation du travail qui variait avec les trois saisons.

A quel moment, et pour quelles raisons, les Egyptiens ont-ils lié la crue du Nil à l’apparition simultanée du soleil et de l’étoile Sothis à l’horizon ?

Il sera sans doute difficile de le déterminer dans la Chronologie égyptienne. Nul doute que ce lien ne soit le résultat d’observations répétées et de profondes croyances religieuses.

L’étoile Sothis (Sirius)

L’étoile Sothis (Sirius) — en égyptien Sepedet : « l’Aiguë », la Pointue — sera plus tard identifiée à Isis dont les larmes, croyait-on, déterminent la crue du Nil.

Peut-être avons-nous là le reflet d’une croyance très ancienne qui associait l’apparition de l’étoile divinisée à la montée des eaux.

Quelles que soient leurs raisons, les Egyptiens, en liant le début de la crue et, partant, le premier jour de l’année à un phénomène astronomique, nous ont fourni le moyen de fixer des points de référence très sûrs dans leur longue histoire.

Sous la latitude de Memphis, le début, fort discret, de l’inondation se situe vers la mi-juillet.

Une observation de quelques années semble avoir suffi aux Egyptiens pour leur montrer que le commencement de la crue revenait en moyenne tous les 365 jours.

Ils divisèrent alors leur année de trois saisons empiriques en une année de douze mois de trente jours chacun.

Puis ils affectèrent quatre mois à chacune des saisons. En ajoutant cinq jours supplémentaires — en égyptien les cinq heryourenepet :

  • « Les cinq sur (en plus de) l’année ».

En effet, que les Grecs appelèrent « épagomènes » — les scribes obtinrent une année de 365 jours qui était, de beaucoup, la meilleure de toutes celles qui furent adoptées dans l’Antiquité.

Toutefois, bien que très bonne, cette année n’était pas parfaite.

Une année de 365 Jours

En effet, la révolution de la terre autour du soleil se fait, non pas en 365 jours, mais en 365 jours 1/4.

Tous les quatre ans, l’année officielle, administrative, des Egyptiens prenait un jour de retard sur l’année astronomique, et ce n’est qu’au bout de 1460 ans — ce que l’on appelle une période sothiaque — que les trois phénomènes :

  • Lever du soleil,
  • Lever de Sothis,
  • Début de l’inondation se produisaient simultanément au premier de l’an officiel.

Décalage

Ce lent décalage entre les deux années eut deux résultats importants.

Le premier est de permettre aux astronomes modernes de déterminer à quelle date les Egyptiens avaient pu adopter leur calendrier. Cette date devant, nécessairement, coïncider avec le début d’une période sothiaque.

La coïncidence des phénomènes, début de l’inondation et lever héliaque de Sothis, s’est produite trois fois au cours des cinq millénaires qui ont précédé notre ère :

  • En – 1325/– 1322,
  • En – 2785/– 2782
  • Et en – 4245/– 4242.

On a longtemps cru que c’était entre – 4245 et – 4242 que les Egyptiens avaient adopté leur calendrier.

On admet maintenant que ce ne fut qu’au début de la période sothiaque suivante, soit entre – 2785/– 2782.

Le deuxième résultat de l’adoption par les Egyptiens du calendrier solaire fixe fut d’entraîner peu à peu un décalage entre les saisons naturelles, déterminées par le rythme même du Fleuve, et les saisons officielles utilisées par l’administration, qui étaient, elles, fondées sur une année de 365 jours.

Ce décalage, d’abord peu sensible, un jour tous les quatre ans, s’accroissait peu à peu. Il passait d’une semaine à un mois, puis à deux mois, jusqu’à ce que les saisons officielles en arrivent à être entièrement décalées et que l’été (Shemou) du calendrier officiel tombe en pleine saison Peret naturelle.

Ce décalage ne manqua pas de frapper les scribes égyptiens et nous possédons des textes qui notent, très officiellement, la différence entre le lever héliaque réel de Sothis et le début de l’année administrative.

Date retenues

Ces observations ont permis de fixer avec une approximation de quatre ans les dates suivantes dans la Chronologie égyptienne :

  • Le règne de Sésostris III englobe nécessairement les années –1882/–1879.
  • L’an 9 d’Aménophis I est tombé entre les années –1550 et –1547.
  • Le règne de Thoutmosis III englobe les années –1474/–1471.

En combinant ces dates avec celles, relatives, fournies par les sources à notre disposition :

  • Papyrus de Turin,
  • Pierre de Palerme,
  • Monuments datés des diverses époques, on a pu obtenir une chronologie de base, la plus sûre de celles de tout l’Orient ancien.

Cette Chronologie égyptienne fixe le début de l’histoire de l’Egypte à – 3000. Les grandes divisions « manéthoniennes » peuvent se chiffrer ainsi :

  • IIIe-VIe dynastie (Ancien Empire) : vers – 2750/– 2200.
  • VIIe-Xe dynastie (Ire Période intermédiaire) : – 2200/– 2150.
  • XIe-XIIe dynastie (Moyen Empire) : – 2150/– 1780.
  • XIIIe-XVIIe dynastie (IIe Période intermédiaire) : – 1780/– 1580.
  • XVIIIe-XXe dynastie (Nouvel Empire) : – 1580/– 1080.
  • XXIe-XXIIIe dynastie (IIIe Période intermédiaire) : – 1080/– 730.
  • XXIVe-XXXIe dynastie (Basse Epoque) : – 730/– 330.

La conquête d’Alexandre de Macédoine, en 332 avant notre ère, marque la fin de l’histoire de l’Egypte pharaonique et le début de la période hellénique.

Voir aussi: https://afriquereveil.com/afrique-ancienne-legypte-antique-1ere-partie

La Rédaction

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