Yaa Asantewaa – Reine mère d’Ejisu dans l’Empire Ashanti

Yaa Asantewaa (prononcé : /ˈjɑː ɑːsɑːn.teɪ.wə/) est la reine mère d’Ejisu dans l’Empire Ashanti (actuel Ghana). En 1900, elle mène la rébellion Ashanti, connue comme la « Guerre du tabouret d’or » (ou guerre d’Yaa Asantewaa), contre les colons de l’Empire britannique.

Reine Mère d’Ejisu – Yaa Asantewaa

Simple fermière qui s’attelait à agrandir ses fermes (qui par ailleurs, sont toujours entretenues par ses descendants aujourd’hui), Yaa devient l’épouse de Nana Owusu Kwabena, membre de la famille royale.

Elle est ensuite nommée Reine mère par son frère Nana Akwasi Afrane Okpese.

En effet il était le roi de la province d’Ejisu, (partie de la Confédération Asante ou Ashanti).

Ainsi, elle était la gardienne du “Golden Stool“, “Sika dwa“, le “Tabouret d’or“. Le symbole sacré et dynastique de l’empire Ashanti. L’âme de la nation Ashanti est dite contenu dans ce « tabouret sacré ».

Pendant le règne de son frère, Yaa Asantewaa assiste à la croissance du pouvoir britannique dans la région.

En effet, les Anglais prennent le contrôle de larges zones de l’Empire Ashanti.

Et, à cette époque, la Confédération Ashanti dû faire face à une série d’évènements qui menaçaient son futur.

  • Notamment la guerre civile de 1883 à 1888.

Cette puissante Confédération Ashanti (Asanteman) est une fédération indépendante de la grande famille des Asanti qui ont régné de 1701 à 1896.

A la mort de Nana Kwasi Afrane Okpese, en 1894, Yaa Asantewaa se sert de ses prérogatives de Reine Mère pour nommer son petit-fils, Afrane Kumaa, Ejisuhene (roi de la province d’Ejisu).

Les Prémices d’une guerre

En effet, les britanniques contrôlent désormais beaucoup de territoires.

Et, ils se sont bien installés.

A la tête de cette vague britannique siège le gouverneur colonial Frederick Mitchell Hodgson. Il suggère au souverain Prempeh 1er de faire allégeance à la royauté anglaise.

Une proposition refusée catégoriquement par le souverain Asante.

Par la suite, les Britanniques apprennent qu’une alliance se noue. En effet, entre Prempeh 1er et le grand Samory Toure.

L’inquiétude apparaît dans le camp des Anglais. En janvier 1896, ils lèvent leurs troupes contre l’empire Ashanti et prennent d’assaut la ville de Kumasi.

C’est alors que, la famille royale est prise en captivité. Ainsi, Prempeh 1er est envoyé en exil. Avec lui, d’autres membres du gouvernement.

De plus, ils envoient en exil, le petit fils de Yaa Asantewaa :

  • L’Ejisuhene, successeur du trône de Nana Kwasi Afrane Okpese, roi de la province d’Ejisu.

Ensuite, le gouverneur colonial britannique Frederick Hodgson, convoque une assemblée.

Et, tous les dirigeants locaux d’Asante encore restants sont obligés de répondre présent.

Lors de cette rencontre, le gouverneur demanda le trône d’or Ashanti.

Et, de plus, Frederick Hodgson précise habilement aux dirigeants locaux qu’en cas de refus, leur souverain serait laissé en exil.

C’est à ce moment là, que les tensions entre ces deux peuples à atteint son paroxysme. Hodgson veut s’emparer du trône d’or pour siéger au dessus de tout l’empire. 

Le trône d’or.

La légende raconte que le trône d’or des Ashantis serait descendu du ciel comme la chute d’une étoile filante, par l’intermédiaire du grand prêtre et co-fondateur de l’empire, Okomfo Anokye.

Ce dernier fit descendre cette relique des cieux qui fait office de don des dieux, pour consacrer souverain, Osei Tutu le premier roi à unifier le peuple Ashanti.

Le Trône d’Or est un siège courbe de 46 cm de hauteur. Sa plate-forme mesure 61 cm de largeur et 30 cm de profondeur. Et comme son nom l’indique, il est entièrement fait d’or. Il est orné de cloches pour prévenir le roi d’un danger imminent.

Peu de personnes pouvaient voir ce trône des Ashantis.

Encore appelé Sika’dwa dans la langue Ashanti, il symbolise le pouvoir, l’autorité du leader et souverain Ashanti.

En effet, ce dernier est d’ailleurs le seul ayant le droit de le toucher.

Ainsi, lors des cérémonies d’intronisation, le Sika’dwa est transmis au nouveau roi sur un oreiller.

Au-delà de ce qu’il incarne, le trône d’or est le réceptacle des esprits des vivants comme de celui des morts du peuple Ashanti.

Et sa portée est encore plus profonde, car il abrite également l’esprit des âmes à venir.

C’est le passé, le présent et le futur.

C’est l’âme même de l’empire Ashanti.

Yaa Asantewaa et la guerre du Tabouret d’Or

Alors, suite à l’ultimatum lancé par le gouverneur Hodgson à propos du trône d’or, les dirigeants locaux s’entretiennent en secret afin de prendre une décision.

Les échanges influencés par la craintes du pouvoir britannique, faisaient pencher la balance en faveur de la cession du Sika’dwa au gouverneur Hodgson.

Et ainsi, Yaa Asantewaa qui était aussi présente tint alors le discours qui allait changer les choses.

Discours qui s’inscrit dans l’histoire des Ashantis et de l’actuel Ghana :

« Comment un peuple fier comme les Ashantis peut regarder sans rien faire alors que les Blancs enlèvent leur chef et les humilient ensuite par des demandes relatives au Siège d’Or ? Les Blancs ne voient que de l’argent dans le Siège d’Or.

Ils ont creusé et cherché partout pour le trouver. Je ne paierai pas une pièce à ce gouverneur. Si vous, les chefs de l’Ashanti allez vous comporter comme des peureux et ne pas vous battre, vous devriez échanger vos pagnes contre mes sous-vêtements. Je vois que certains d’entre vous ont peur de se battre pour notre roi.

Aux temps d’Osei Tutu, d’Okomfo Anokye et d’Opoku Ware I, les chefs ne seraient pas restés assis à regarder leur roi être exilé sans tirer un seul coup de feu. Aucun Européen n’aurait osé parler aux chefs d’Ashanti comme le gouverneur vous a parlé ce matin.

C’est donc vrai que le courage d’Ashanti n’est plus ? Je ne peux pas le croire. Ça ne peut être vrai ! Je dois vous dire ceci : si les hommes d’Ashanti ne vont pas au front, nous le ferons. Oui, nous, les femmes, nous le ferons. Nous nous battrons ! Et nous nous battrons jusqu’à ce que la dernière d’entre nous tombe sur le champ de bataille… » 

Prise de contrôle du mouvement

Avec ces mots, Yaa Asantewaa prend la tête du mouvement de révolte de l’Empire Ashanti de 1900, gagnant le soutien d’autres membres de la noblesse.

Elle lève des troupes s’évaluant à près de cinq mille (5000) individus pour un conflit qui va durer 11 mois.  Elle avait fait de sa ville natale Ejisu le siège de la guerre.

Rapidement, la rébellion assiège le fort de Kumasi, où les Britanniques se sont réfugiés. 

Après plusieurs mois de siège, le gouverneur-général britannique envoie 1 400 hommes pour écraser la révolte.

La ténacité des forces de la Reine Mère était sans faille.

C’est alors que les britanniques ont dû joindre 1 200 hommes de plus aux 1400 envoyés plus tôt, pour mettre fin à la rébellion.

Dans la bataille, Yaa Asantewaa et quinze de ses conseillers sont capturés et exilés aux Seychelles.

Le 1er janvier 1902, l’Empire Ashanti devient un protectorat de la couronne britannique, au bout de presque un siècle de résistance acharnée de l’armée Ashanti.

La légende continue

La bravoure, la témérité de Nana Yaa Asantewaa et ses hommes redonna un regain d’espoir, entraînant la naissance d’un mouvement à l’échelle du royaume pour le retour de Prempeh I et pour l’indépendance du pays.

Vingt ans après sa capture,  le 17 Octobre 1921, Yaa Asantewaa expira  son dernier souffle au Seychelles.

Alors, Le siège d’or, caché selon la tradition dans la forêt, aurait échappé aux britanniques.

Trois ans après la mort de la reine mère, Prempeh I et les membres de la cour Ashanti en exil sont autorisés à rentrer chez eux ;

Prempeh s’assure que la dépouille mortuaire Yaa Asantewaa soit enterrée sur le sol Ashanti.

Le rôle social des femmes Ashanti

L’affrontement d’une femme à la tête d’un empire était étranger aux troupes coloniales britanniques du xixe siècle en Afrique.

L’appel de Yaa Asantewaa aux femmes de l’empire Ashanti est basé sur les obligations politiques des femmes de l’empire Ashanti et leur rôle dans la société.

La société Ashanti était un matriligange, et dans la hiérarchie les postes masculins avaient des homologues féminins. Pour chaque ôdekuro, conseil de village, une ôbaa panyin était partie responsable pour les affaires des femmes du village.

Le chef d’une division, le ôhene, et le chef de la communauté, le ômanhene, avaient leur homologue féminin ôhemma :

  • Une femme chef qui assiste aux conseils.

Et ainsi, les femmes participaient:

  • Aux procédures judiciaires et législatives.
  • Au partage des terres
  • Et à la décision de commencer ou d’arrêter la guerre.

Héritage

En 1935 le Tabouret d’Or a été utilisé pendant la cérémonie de couronnement d’Osei Tutu Agyeman Prempeh II (qui a régné de 1935 à 1970). 

Le Ghana a accédé à l’indépendance en  1957. Un musée est consacré à la Reine Mère Nana Yaa Asantewaa à Kwaso dans le district d’Ejisu-Juaben au Ghana.

Yaa Asantewaa reste une figure très aimée de l’histoire Ashanti et de l’histoire du Ghana pour son rôle dans l’opposition aux colons britanniques. Elle est immortalisée dans la chanson qui suit :

Koo koo hin koo
Yaa Asantewaa ee!
Obaa basia
Ogyina apremo ano ee!
Waye be egyae
Na Wabo mmode
(“Yaa Asantewaa
La femme qui se bat contre les canons
Vous avez accompli de grandes choses
Et vous avez bien fait”)

Pour souligner l’importance d’encourager plus de femmes chefs dans la société ghanéenne:

La Yaa Asantewaa Girls’ Secondary School fut créée à Kumasi en 1960 avec des fonds de la Ghana Educational Trust.

En 2000, pour fêter le centenaire de la rébellion, une semaine de célébrations eut lieu au Ghana en reconnaissance des actes de Yaa Asantewaa. Et, dans le cadre de ces célébrations, un musée lui fut dédié à Kwaso dans le district Ejisu-Juaben le 3 août 2000.

Malheureusement le 23 juillet 2004 un incendie détruisit plusieurs objets historiques, dont ses sandales et ses habits de guerre (batakarikese).

L’actuelle reine mère d’Ejisu est Yaa Asantewaa II. Un second festival Yaa Asantewaa s’est tenu du 1er au 5 août 2006 à Ejisu.

Le Centre Yaa Asantewaa à Maida Vale, à l’Ouest de Londres, est un centre sur l’art et les populations africains et caribéens. Il a pris son nom en 1986.

Un documentaire télévisé de Ivor Agyeman-Duah intitulé Yaa Asantewaa – The Exile of King Prempeh and the Heroism of An African Queen est sorti au Ghana en 2001.

S'il vous plaît suivez et
error

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *