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L’Almamy Samory Touré, grand roi Mandé

Né vers 1833 à Miniambaladougou (Guinée), Samory Touré, fils de marchand dioula (Koniaké-malinké) grandit dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation.

L’Enfance de Samory Touré

En 1848, la mère de Samory, Sokhona Camara, est capturée pendant un raid mené par Sory Bourama, du clan Cissé, et réduite en esclavage.

Ne disposant pas de l’argent nécessaire pour la racheter, il propose, pour obtenir la libération à terme de sa mère, de se mettre au service des Cissé.

Cette période de service lui permit d’apprendre le maniement des armes. D’après la tradition, il reste à leur service:

  • « Sept ans, Sept mois, Sept jours ».

Il s’engage ensuite pour deux ans dans l’armée de Saransware-Morifaama (dirigeant militaire) des Bérété, ennemis des Cissé, avant de rejoindre son propre peuple, les Camara.

Nommé kélétigui (chef de guerre) à Dyala en 1861, Samory prononce le serment de protéger son peuple contre tout ennemi. Il crée une armée professionnelle et nomme ses proches, notamment ses frères et des amis d’enfance, à des postes de commandement.

En 1864, El Hadj Omar Tall le Grand, fondateur d’un empire en pleine expansion qui domine alors la région du Haut Niger, l’Empire Toucouleur, meurt.

Cet empire se désagrège, les généraux et les dirigeants locaux luttent pour créer leurs propres États.

Début des Conquêtes de Samory Touré

En 1867, Samory est un chef de guerre à part entière, possédant sa propre armée regroupée à Sanankoro. Il comprend vite qu’il a deux tâches primordiales à accomplir :

  • Créer une armée efficace et loyale dotée d’armes à feu modernes,
  • Et construire un état stable.

C’est à cette époque qu’il se convertit à l’islam, et pris le titre:

  • « Almami » Chef à la fois temporel et spirituel.

En 1876, Samory Touré, armé de son sabre légendaire “Djougoufaga” à la tête de son armée agrandi son territoire.

En effet, son armée, composée essentiellement de fantassins:

  • Armés d’un sabre,
  • Un poignard
  • Et d’un fusil (réparé et parfois fabriqué à la main par des forgerons).

S’empare du district de Buré dans la region de Siguiri, riche en or, en vue de renforcer ses finances.

En 1878 il est assez puissant pour  unir et  réorganiser son peuple et incarné le Faama (« dirigeant militaire ») de son propre Empire Wassoulou.

Il fait de Bissandougou sa capitale et entame des échanges commerciaux et diplomatiques avec l’Empire Toucouleur voisin et déclinant.

En 1881, après une dure lutte, Samory est capable de sécuriser son emprise sur Kankan, ville clé du commerce Dioula, située au bord du Haut-Milo.

Pendant que Samory conquiert les nombreux petits états tribaux qui l’entourent, il manœuvre aussi pour sécuriser sa situation diplomatique. Il engage des relations régulières avec les Britanniques en Sierra Leone, et tisse des liens prometteurs avec l’état théocratique du Foutah Djallon.

À la fin des années 1870, les Français commencent leur expansion pour la colonisation et la mise en esclavage de l’Afrique de l’ouest. Et ce, à partir de l’est du Sénégal, avec pour but d’atteindre le haut Nil dans le Soudan actuel.

Ils cherchent aussi à progresser vers le sud-est et continuer leur invasion coloniale, pour atteindre leurs bases en Côte d’Ivoire.

Ces mouvements les conduisent à un affrontement direct avec Samory Touré.

L’Affrontement avec les Français

En février 1882, une expédition française attaque une des armées de Samory basée à Keniera. Samory réussit à repousser les Français, mais il est confronté à la discipline et la puissance de feu des armées européennes.

Samory essaye de neutraliser les Français par plusieurs moyens.

  • Premièrement, il étend sa domination vers le sud pour sécuriser une ligne de communication avec le Liberia.
  • Quand une expédition menée par le gouverneur colonial français du Soudan, Antoine Combes, tente en 1885 de prendre possession des mines d’or de Buré, Samory contre-attaque.
  • Divisant son armée en trois colonnes mobiles, il réussit à menacer gravement les lignes de communication françaises obligeant ses adversaires à se replier.

Cependant, le combat avec l’armée française tournant à son désavantage, Samory préfère négocier. Le 28 mars 1886, il signe avec les Français un traité de paix et de commerce. Celui-ci reconnaît, sur la rive gauche du Niger, une importante zone d’influence française.

En 1887, Samory Touré peut compter sur une armée disciplinée:

  • Comprenant de 30 000 à 35 000 fantassins.
  • Organisés en pelotons et compagnies.
  • Et 3 000 cavaliers, répartis en escadrons de cinquante hommes chacun.

Cependant, son règne créer des ennemis en interne, car il impose l’Islam à tous les peuples conquis, bafouant ainsi leurs propres croyances.

Guerre du Refus

En 1888, une guerre interne éclata, les tribus animistes soumises et convertis de force à l’islam se rebellent, et le grand roi dû faire preuve d’une cruauté légendaire envers ses ennemis, pour mater cette rébellion.

Soldate de Samory Touré

C’est alors que l’invasion des Français, en exploitant cette rébellion, continuent de s’étendre. Et ce, aux dépens des régions ouest de l’Empire. Cela força Samory à signer des traités par lesquels il leur cède ces territoires entre 1886 et 1889 (traité de Bissandougoutraité de Niakha).

En mars 1891, une expédition française sous le commandement du colonel Archinard lance une attaque directe sur Kankan. Sachant que les fortifications de la ville ne pourraient pas résister à l’artillerie française, Samory engage une guerre de mouvement.

En effet, il combattu ses adversaires en remportant des victoires contre des colonnes françaises isolées (Dabadougou en septembre 1891).

Mais l’envahisseur demeure au cœur de son royaume.

En juin 1892, le successeur du colonel Archinard, le colonel Humbert, menant une force bien équipée de soldats triés sur le volet, capture Bissandougou, la capitale du Wassoulou.

Confronté de nouveau à la supériorité technologique des armées de l’envahisseur, il mène une politique de la terre brûlée, dévastant chaque parcelle de terrain qu’il évacue. Ce qui consiste à faire le vide devant l’ennemi et ne lui abandonner ni hommes ni réserves.

Il réussit ainsi, tout de même, à retarder la poursuite française.

Capture de Samory Touré

Samory se replie vers l’est, vers les fleuves Bandama puis Comoé.

Dès lors, sa présence est négligée par l’armée française, dans la mesure où le nouvel établissement de Samory ne constitue plus un objectif stratégique de la politique coloniale française.

Après 7 années de guerre, les hommes du Roi sont épuisés.

Il tente alors de négocier sa rédition, mais est capturé au petit matin du 29 septembre 1898 à Guélémou en Côte d’Ivoire.

Pris par le capitaine Gouraud puis exilé au Gabon.

Samory Touré y meurt en captivité le 2 juin 1900.

Voir Aussi: El Hadj Omar Tall Le Grand – Grand Roi d’Afrique

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3 pensées sur “L’Almamy Samory Touré, grand roi Mandé

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