Shaka Zoulou – Fondateur du Grand royaume Zoulou

Shaka Zoulou, l’homme qui a forgé un empire redouté à partir d’une minuscule tribu d’Afrique australe.

Chaque continent a ses propres guerriers importants et redoutés. Pour l’Afrique, l’un des noms à retenir est celui de Shaka Zoulou. Le grand roi et fondateur de l’Empire Zoulou dans les premières décennies du 19ème siècle.

Shaka est né et a grandi dans le sud-est de ce qui est aujourd’hui l’Afrique du Sud, et pendant son règne, il a réuni des centaines de chefferies indépendantes de Nguni.

L’enfance du grand guerrier

C’était vers 1787, que Shaka, fils de Senzangakhona qui régnait alors sur la petite chefferie connue sous le nom de Zoulou, vint au monde.

La mère de Shaka s’appelait Nandi et n’était pas une épouse légale de Senzangakhona.

Il a donc été considéré comme un bâtard, rejeté et humilié par son père, régulièrement maltraité par ses camarades.

Ces expériences l’endurciront et marqueront sa personnalité d’une soif de vengeance.

Sa mère et lui ont donc fini par être expulsés de la maison de Senzangakhona et ont déménagé pour vivre parmi le peuple Langeni.

Être un enfant illégitime n’était certainement pas une chose facile dans les tribus Nguni, et pendant la majeure partie de son enfance, Shaka était victime d’intimidation partout où il allait.

Après avoir passé un certain temps avec la tribu Langeni, la mère et l’enfant ont fini par déménager à nouveau.

Alors, cette fois pour vivre parmi le peuple Bathwetwa, qui était dirigé par le chef Dingiswayo.

L’épanouissement du Guerrier Zoulou.

shaka zulu
Esquisse du roi Shaka (1781 – 1828) à partir de 1824. Attribué à James King, il apparaît dans “Voyages et aventures en Afrique de l’Est” de Nathanial Isaacs, publié en 1836.

C’est ici, que le prochain grand guerrier des tribus Nguni s’épanouira en servant l’armée de Dingiswayo.

Shaka a rapidement maîtrisé diverses tactiques et stratégies sur le champ de bataille.

Il devient rapidement le guerrier le plus remarquable de l’armée de Dingiswayo.

Doué d’une force physique et d’une endurance prodigieuses, il excelle au combat.

Il est charismatique et se révèle être un fin stratège.

Sa réputation s’étend.

Possédant le corps parfait d’un guerrier et un talent diplomatique remarquable, il s’est rapidement hissé au rang de commandant en chef.

Shaka devient bientôt le porte-parole et le bras droit de Dingiswayo, avec un grand esprit de compétition et une forte idée de démontrer son pouvoir aux autres.

À la mort de son père, Sigujana, l’un des demi-frères de Shaka, assure la succession et devient le chef du clan zoulou.

Allant ainsi à l’encontre du fait que Dingiswayo avait auparavant conclu un accord avec le père de Shaka qui faisait du jeune guerrier son héritier légitime.

Dingiswayo appuie alors Shaka pour qu’il prenne le pouvoir.  Il livre une bataille contre son demi-frère Sigujana, pendant laquelle ce dernier trouva la mort.

À ce stade, le peuple zoulou était un très petit groupe, une communauté d’au plus 1 500 habitants.  Mais tout a commencé à changer sous le règne de Shaka.

Shaka Zoulou, Chef de guerre et Roi visionnaire

Ne perdant pas de temps à tester ses connaissances militaires dans la vie réelle, Shaka alla au combat.

Sa réputation étant bien assise, il n’a pas de mal à s’imposer au sein de sa tribu. Et en tant que grand visionnaire, il ne tarde pas à y soumettre ses idées politiques et militaires révolutionnaires.

Il nomme son peuple Amazoulou : « Ceux du ciel ».

Nom qui deviendra plus tard Zoulou, tout court.

Shaka continue à combattre pour Dingiswayo, qui a quelques démêlés avec un puissant voisin aux visées impérialistes, Zwide, chef de la tribu des Ngwane.

En quelques années, celui-ci parvient à ses fins :

  • Il réussit à faire prisonnier et à assassiner Dingiswayo, grâce à l’appui de ses espions.

À la suite de cet événement, les Bathwetwas élisent Shaka Zoulou au titre de chef souverain.

Esquisse d’un guerrier zoulou

Il procède alors à une mise à jour des techniques de guerre de son peuple:

Il organisa son armée de manière remarquable.

Ses régiments étaient armés de nouvelles armes :

En effet, il remplaça l’utilisation des longues lances « Assegai » par des lances courtes mais avec une longue lame  « Iklwa ».

Celles-ci sont plus efficaces pour des combats corps à corps et presque toujours mortelles pour l’adversaire, et nous rappellent l’armement du régiment des amazones du Dahomey.

Victoire ou mort !

Il criait à ses guerriers pour les encourager avant de mener une nouvelle bataille.

Après la mort de Dingiswayo, Shaka défait Zwide lors de deux batailles difficiles (Gqokli Hill en 1818 et la rivière Mhlatuze en 1819) où il utilise son sens aigu de la stratégie.

La discipline était au cœur de la méthode utilisée par Shaka pour entraîner l’armée.

Aucun homme n’était autorisé à porter des sandales. Les raisons étaient que tout le monde devait se renforcer en courant pieds nus.

Ce faisant, les forces zoulou sont devenues très mobiles, ce qui était l’un de leurs meilleurs avantages par rapport aux armées d’autres tribus.

Shaka initie, une stratégie offensive « en tête de buffle » :

Les troupes sont divisées en quatre corps, deux ailes forment les cornes de buffle et deux corps centraux placés l’un derrière l’autre forment le « crâne ». Opérant en mouvement tournant, l’une des ailes attaque, tandis que l’autre se cache et n’intervient que lorsque le combat est engagé.

De plus, ses guerriers étaient dotés de boucliers en peau de vache étonnement solide, introduits par Shaka.

Ces boucliers en peau de vache étaient plus résistants que les boucliers de fer et de bois réalisés à cette époque.

La naissance d’un grand et puissant royaume

Dans ce climat de colonisation et d’envahissement de l’Afrique, la discipline que Shaka impose à son peuple pour lui garantir sa protection et sa prospérité est digne du génie révolutionnaire qu’il était.

Il impose la langue zoulou à ses voisins.

Il stimule ses troupes par des concours d’épreuves :

  • Aux vainqueurs sont offertes les plus belles filles nubiles, initiées à la lutte et au combat.

Il multiplie les exercices physiques et accroît la part de nourriture carnée de ses troupes.

En effet, les jeunes (de 16 à 60 ans) sont intégrés dans l’armée peu importe le sexe.

Les plus jeunes (moins de 16 ans), les vieux et les handicapés s’occupent des taches de production que sont l’élevage, la pêche, l’agriculture.

De plus, seuls les guerriers méritants, dans une tranche de 30 à 40 ans ont le droit de procréer.

L’autorité est militaire et absolue.

Au fil du temps, de plus en plus de tribus étaient assimilées aux Zoulous.

En effet, la tribu Langeni, où il a passé une partie de son enfance maltraité, en faisait partie. Sa puissance est telle que certaines tribus le rejoignent de plein gré. Il compte unifier tout le peuple Nguni.

Shaka poursuit l’expansion des Zoulous dans deux grandes directions : vers l’ouest et vers le sud contre les Tembou, Pondo et Xhosa.

En 1823, les Zoulous n’étaient plus une tribu insignifiante – ils contrôlaient maintenant une vaste zone qui s’étendait le long de la côte de l’océan Indien.

En dix ans, le grand Roi Shaka Zoulou se tailla un empire dans le Natal.

Le déclin du grand Roi

À la mort de sa mère Nandi en 1827, Shaka fit exécuter un grand nombre d’hommes et de femmes.

Il s’est mis en colère après avoir jugé que certaines personnes n’avaient pas exprimé suffisamment de chagrin lors de ses cérémonies de deuil.

Pendant un an, il fut interdit aux gens mariés de vivre ensemble et à tous de boire du lait. Notons néanmoins que ce rite de deuil extrême faisait exceptionnellement partie de la tradition zouloue.

La rage de Shaka l’a fait sombrer dans la folie et il a tué des centaines de Zoulous.

De telles actions ont fini par ouvrir la voie à sa chute inévitable et à son assassinat en septembre 1828.

En effet, il serait mort poignardé par ses demi-frères Dingane et Mhlangane, victime d’un complot orchestré par ses frères et sa tante Mkabayi, avec l’aide d’un de ses hommes de confiance, Mbopa.

Shaka fut un chef charismatique, un stratège et un organisateur de génie, fondateur d’une nation. Son action influença la vie et le destin de régions entières de l’Afrique australe.

Shaka a été un symbole important dans la lutte idéologique entre les Noirs et les Blancs en Afrique du Sud. Les Blancs l’ont beaucoup diabolisé, le présentant comme un tyran barbare.

Pour les Zoulous, il est un personnage complexe, semi-légendaire, un fabuleux guerrier auquel on peut faire remonter la fierté de la nation.

Voir Aussi: La reine Abla Pokou : fondatrice du peuple Baoulé

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